Mme la Maire les Parisiens ne vous disent (toujours) pas merci

Article mis à jour le 9 octobre
Mme la Maire de Paris a pris la décision sans aucune concertation d'offrir l'espace public aux bars pour y étaler leurs terrasses, et ce en dehors de tout cadre juridique ou réglementaire : le fait du prince en quelque sorte.
Depuis la mi-mai, le sommeil des Parisiens et le déplacement des piétons ont été sacrifiés pour satisfaire le lobby des bars et des marchands d'alcool. De plus le non respect sur ces terrasses des mesures barrières mises en place par le gouvernement posent un risque de santé publique : terrasses bondées, non-respect de la distanciation...
L'argument soi-disant économique selon lequel les bars ont souffert (comme tant d'autres) de la crise sanitaire et qu'ils méritent une aide (comme tant d'autres) ne tient plus. Il ne s'agit plus d'une aide passagère mais d'un gigantesque cadeau fait à une profession sur le dos des Parisiens, au mépris de leur santé.
Nous avons reçu près de 100 de témoignages de Parisiens... D'autres se trouvent sur notre compte Twitter et sur notre page Facebook.
Aucun quartier de Paris n'est épargné par ces nuisances comme le montrent ces témoignages.


9 octobre

Le Collectif Rendeznousparis a publié un communiqué de presse le 8 octobre en réponse aux mesures annoncées par la Mairie de Paris. Ce collectif se félicite de la tenue de la réunion du 28 septembre qui est loin d'avoir répondu à ses attentes à long terme.

En tant que citoyens, les signataires appellent la ville à se reprendre et lui demandent de :
-  restituer à brève échéance une tranquillité publique malmenée de longue date du fait de ses choix du « tout terrasse » et de son inaction à en empêcher les débordements ;
-  assurer sans délai l’application effective des règlements et des chartes qu’elle édicte ;
-  sanctionner pour ce faire les manquements graves ou récurrents par des retraits effectifs d’autorisations ;
-  sanctionner ainsi les exploitants irrespectueux de leur environnement tout en récompensant ceux qui le respectent ;
-  repenser plus généralement la place des terrasses des cafés, bars et restaurants dans le domaine public parisien, dans une perspective de respect de la tranquillité, de la santé, de la circulation et du stationnement de tous, pour que la liberté de certains n’entraine pas le confinement de ceux qui voisinent ou qui ont besoin de se déplacer ;
-  d'engager sans délais, en pleine concertation, dans le cadre du PLU, une politique volontariste de régulation des bars et restaurants. Elle devra comprendre un arrêt de la croissance exponentielle et une meilleure répartition territoriale de ces activités, conformément aux principes de la « ville du quart d'heure » et de l'économie circulaire ;
- renoncer tant qu’il est encore temps à l’inquiétante trajectoire adoptée depuis trop longtemps d’un Paris vendu à la fête sans limite en extérieur, à l’alcoolisation massive, a u x comportements antisociaux encouragés par des exploitants nouveaux hérauts du Paris de la nuit, déresponsabilisés des comportements qu’ils suscitent et des souffrances qu’ils entrainent.

28 septembre

Le Premier adjoint à la Maire de Paris, Emmanuel Grégoire, en charge de l'urbanisme, entouré des Maires-adjoints Nicolas Nordman (sécurité), Olivia Polski (commerce artisanat), Frédéric Hocquard (tourisme et vie nocturne) assistés d'Ariel Weil, maire de Paris-centre et François Vauglin, maire du 11ème arrondissement, ont reçu des représentants du collectif Rendez Nous Paris qui regroupe une quarantaine d'associations parisiennes. Le collectif a préparé une plateforme en amont de la réunion.

Suite à cette réunion la Mairie de Paris a publié une nouvelle mouture des engagements que prennent les bars et restaurants pour créer une terrasse éphémère qui ne diffère guère de la précédente.

La Mairie de Paris a publié un relevé de décisions suite à cette réunion.


26 septembre

Une délégation de sept membres du collectif d’une quarantaine d’associations sera reçu par Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la Maire de Paris, accompagné des maires adjoints concernés par les questions relatives à l’espace public. Les membres de cette délégation ont été choisis pour leur connaissance du dossier. En amont de cette réunion le collectif a préparé une plate-forme qui a été adressée à nos interlocuteurs à l’Hôtel de Ville.


24 septembre

Devant les risques de reprise de la pandémie le ministre de la santé annoncé de nouvelles mesures pour freiner le virus dans les grandes villes, dont Paris.

La réaction de Mme la Maire de Paris nous étonne : "l’édile a dénoncé des mesures “très restrictives prises malheureusement sans concertation”. Elle assure ainsi n’avoir été prévenue qu’une heure avant.” C’est quand même surprenant (le mot est faible) d'entendre Mme Hidalgo se plaindre de l’absence de concertation quand elle a elle-même décidé de l’octroi gratuit de l’espace public aux bars sans aucune concertation.De plus, elle se plaint de n’avoir été prévenue qu’une heure avant. Les Parisiens, quant eux, ont été prévenus après et mis devant le fait accompli (le fait du prince comme nous l’écrivions le 3 juillet). 

Emmanuel Grégoire, son premier adjoint, reprend à son compte les éléments de langage des syndicats des bars et restaurants : "La veille, juste après les annonces d’Olivier Véran, le premier adjoint à Paris, Emmanuel Grégoire avait déjà tancé une mesure représentant “un risque économique immense”. L’adjoint également s’est dit “dubitatif sur la fermeture des bars”, estimant que “le risque maximum est dans les espaces privés. Parce que le risque que nous pressentons, c’est que quand vous prenez des mesures trop coercitives (...) le risque ce n’est pas que les gens arrêtent de faire la fête mais se déportent dans des lieux moins contrôlés”, a justifié Emmanuel Grégoire.
Ses propos sont à mettre en parallèle avec cet extrait de la Dépêche : "Pour ces syndicats patronaux fermer plus tôt dans la soirée les bars et restaurants pousserait les clients à privilégier des soirées privées en appartements ou sur des lieux publics favorisant la transmission du virus. " Nos professions constituent la seule alternative sécurisée face à la multiplication de manifestations sauvages qui échappent par définition à tout contrôle et responsabilité" ont plaidé les syndicats professionnels auprès de la préfecture.”


23 septembre

Le Parisien a publié un article au titre explicite : le cri de colère des riverains contre l’extension des terrasses à Paris. Comme le dit très bien Bertrand Lukacs : "Ce courrier commun, c'est du jamais-vu et cela montre le niveau d'exaspération invraisemblable qui a été atteint." Il ajoute : "Les signataires dénoncent en premier lieu la brutalité et la verticalité de la méthode, regrettant une mise à l'écart des habitants et de certaines professions, en totale contradiction avec les promesses d'une politique plus participative."
Le réponse de la Ville de Paris ("laconique" selon le journaliste) suspend en effet : elle "a travaillé sur une nouvelle charte, basée sur les retours d'expérience de terrain des services de la Ville, des mairies d'arrondissement et les associations des riverains." De nombreux maires d’arrondissement n’ont même pas été avertis de la création des terrasses éphémères et, à notre connaissance, aucune association de riverains n’a été consultée. 


21 septembre

Une quarantaine d'associations et collectifs parisiens ont rédigé un communiqué demandant à être reçus par la Maire de Paris.
Les signataires déplorent l’incapacité de la Mairie de Paris et de la Préfecture de Police à faire respecter la « charte des engagements » et donc leur impuissance à protéger les Parisiens contre les risques sanitaires et les nuisances générées par les terrasses « éphémères ».
Ils s’inquiètent en effet d’une dérégulation encore moins contrôlée de l’espace public, alors que les risques de propagation du coronavirus, les nuisances sonores, l’alcoolisation massive, les comportements antisociaux, ont redoublé avec l’entrée en vigueur de cette décision.
Ils constatent enfin qu’une étape supplémentaire a été franchie dans l’exclusion de l’espace public des personnes à mobilité réduite, dont le droit de circuler est toujours plus entravé à Paris, au point d’être aujourd’hui remis en cause par l’élargissement des terrasses.
Devant la gravité de cette situation, les organisations et citoyens signataires appellent la Maire de Paris à ouvrir dans les plus brefs délais des discussions concernant son projet.

Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris, a proposé de rencontrer les associations ayant rédigé le communiqué.
Nous sommes hautement conscients des effets pervers dus aux mesures d’autorisation des terrasses éphémères et nous sommes déterminés à les limiter efficacement. C’est pourquoi la charte fait l’objet d’une adaptation afin de mieux prendre en compte et limiter ces nuisances, de même que le renforcement des moyens pour contrôler et sanctionner les abus. 
Nous vous proposons de vous recevoir avec l’ensemble des adjoints à la Maire de Paris concernés pour faire le point sur les différents sujets et améliorer la situation. Nous serons à l’écoute des propositions formulées par votre collectif. Si vous en êtes d’accord, nous vous proposons une rencontre. 
Bien à vous


19 septembre

Un article de Challenges au titre sans ambiguïté : A Paris, le bruit des 8.000 terrasses éphémères fait craquer les riverains. "Un vent de révolte souffle sur Paris. Les riverains sont en colère. Ils craquent d'être privés de sommeil depuis des semaines." Mais la Mairie de Paris est sourde et refuse d'entendre les Parisiens victimes des nuisances sonores générées par les 8000 terrasses éphémères. C'est pourquoi, comme l'annonce Challenges "un collectif de 40 associations de riverains de la capitale (dont Le Réseau Vivre Paris!) se prépare à publier une déclaration".


14 août

Un article du Figaro Magazine résume parfaitement la situation : L'extension des terrasses des cafés et restaurants sème la zizanie dans les villes.

Nous ne pouvons qu'être d’accord avec ce que dit le DG de pro tourisme: “La contrepartie de la liberté c’est le contrôle : les villes doivent se donner les moyens de faire respecter les limites de l’autorisation en termes d’horaires, de surface, de musique, etc… Que les polices municipales patrouillent!”
Exactement ce qui ne se passe pas à Paris. Et pourtant la Maire de Paris a une police municipale à sa disposition.

8 réflexions sur « Mme la Maire les Parisiens ne vous disent (toujours) pas merci »

  1. Les bars auraient dû fermer depuis longtemps, ils ne respectaient aucun geste barrière, la seule raison pour laquelle la mairie de Paris ne les a pas fermés est la corruption qu’entretiennent les lobbies des bars au sein des élus : les lobbies des bars embauchent les amis/compagnons/compagnes des élus, qui en retour leur versent des subventions et les protègent au détriment des habitants. Scandaleux !

  2. Il convient de compter le nombre de couverts quotidiens servis depuis la décision de cette mesure inique des terrasses sauvages !

    Essayons ensemble: on peut parier sans risque sur un total minimum 100 millions de couverts servis à des clients SANS MASQUE depuis juin (et je ne compte pas les alcoolisation sur la voie publique avec ou sans les bars !!)
    8000 restos x 120 jours x 2 services x 50 couverts par resto en moyenne = 96 millions

    Madame Hidalgo et Monsieur Grégoire sont sans doute pour une grande part, A EUX SEULS, à l’origine du redémarrage de l'épidémie à Paris - On avait parlé du sang contaminé ? Quand parlerons nous des rues contaminées quand on lit les études selon lesquelles les restos sont à eux seuls des clusters établis !!

  3. Chaque semaine, la Mairie de Paris prend de nouveaux arrêtés de piétonnisation de rue, partielle ou totale. L'argument avancé pour les "justifier" est toujours de favoriser l'extension des terrasses.
    Ceci au moment où dans plusieurs grandes villes dont Paris, le ministère de la santé, prenant conscience du risque de propagation du virus dans ou devant ces cafés-bars, prend des mesures un peu strictes (fermeture totale à Marseille, fermeture à 22 heures dans plusieurs autres villes dont Paris), mesures applicables à partir de samedi 26 septembre. Notons que, à Paris, dans la charte qui avait été, dit-on, négociée avec la profession des cafés-bars (mais pas les riverains), les terrasses étendues devaient être rentrées à 22 heures : on a pu constater que cet engagement (?) était fort peu respecté.
    Les réactions de certains "grands élus" sont édifiantes. A Paris, Anne Hidalgo (coalition hidalguistes + EELV ) déplore "les mesures très restrictives prises sans concertation" (alors que, c'est bien connu, l'installation des coronapistes à vélos, l'extension des terrasses comme leur prorogation jusqu'au 30 juin 2021 avaient fait l'objet d'une vaste concertation ! ) . A Marseille, Michele Rubirola, médecin de profession, (coalition rubirolistes + PS + EELV + LFI ) comme Renaud Muselier, médecin de profession, président LR de la région PACA s'expriment dans les mêmes termes, avec là une forte pointe d'antiparisianisme... (ce doit être de la faute du PSG qu'Anne Hidalgo était allé soutenir à Lisbonne, en avion spécial...) Pourtant, sur ce point précis les maires de Paris et Marseille s'expriment dans les mêmes termes "colère, punition collective", Renaud Muselier osant parler de "quasi reconfinement", comme si l'alternative au confinement était de fréquenter bars, terrasses et trottoirs à proximité "collé-serré", bien sûr démasqué. C'est au contraire ce type de comportement, pérennisé, qui risquerait de conduire à un vrai confinement, au moins localisé.
    Ces élus pourraient avoir des comptes à rendre quand tomberont les chiffres des hospitalisations.

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