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Révision du règlement des terrasses : les documents présentés par la Mairie

Lors des réunions de concertation sur la révision du règlement des étalages et terrasses (RET) la mairie nous a présenté des diaporamas. Nous avons demandé qu’ils soient mis à la disposition des participants, ce qui nous a été refusé. Étonnante conception de la concertation et transparence pour la Mairie de Paris! Nous avons cependant fait des copies d’écran et dans un souci de transparence et de démocratie participative nous avons décidé de les rendre publics.

Le diaporama présenté le 22 avril et qui reprend les points de la réunion précédente. Et des exemples de terrasses vertueuses (?).
Dans la première diapo, et les collectifs et associations présents ont protesté, il est dit que la concertation porte sur l’ensemble du RET alors que nous n’avons pas arrêté de dire qu’elle portait, selon nous, uniquement sur la reconduction des terrasses éphémères pour l’été 2021 et que le nouveau RET devrait être étudié à l’automne après un diagnostic des terrasses éphémères 2021.
A noter sur les diapos présentées par Dominique Alba, chef de l’APUR:
– diapo 4 : la terrasse du bas à gauche est non conforme car non protégée de la circulation!
– diapo 5 : terrasses à adapter… En effet deux sont non conformes : >1,30m, couverte + installation électrique. Elles ne sont pas à adapter mais à démonter!
– diapo 6 : citée en exemple. La terrasse de gauche ne laisse pas 1,60m de passage, donc non conforme au plan d’accessibilité (PAVE)
– diapo 8 : en 4 mois et demi la DPSP se targue d’avoir distribué un petit millier de PV en 135 jours, ce qui fait un PV pour 3 agents sur la période.
– diapo 12 : autosatisfaction à Grenoble. Peu de cas de nuisances sonores “supplémentaires”. Qu’il nous soit permis d’en douter! 

Dans le diaporama du 7 mai tout un catalogue de bonnes intentions. Malheureusement les exemples de non-respect de la future règlementation sont déjà légion. De mauvaises habitudes sont déjà prises.

Voici le diaporama du 18 mai, sorte de bouquet final qui commence très fort avec une première diapo présentant un trottoir encombré  (moins de 1,60m de passage) et une terrasse non séparée de la chaussée, donc particulièrement dangereuse. 
A noter que pour cette dernière réunion le chat était fermé et tous les micros coupés et seulement ouverts par la maitre de cérémonie. Autant dire que les représentants des habitants étaient muselés.
Et 14 diapos, histoire d’occuper le temps, sur le règlement actuel. En fin de “concertation”! A la limite cela aurait pu être utile en début, mais c’était surtout du temps de parole en moins pour les représentants des Parisiens.

Révision du règlement des terrasses : 1er round

10ème - 8 rue du Faubourg Poissonnière 2

La première réunion plénière de “concertation” sur la révision du règlement des étalages et des terrasses (RET) s’est tenue mardi 20 avril.

Réunion en Zoom avec une centaine de participants d’une durée de 2h30 présidée par Olivia Polski, adjointe en charge notamment du commerce et de l’artisanat et animée par État d’Esprit – Stratis, Conseil, communication et concertation

Parmi les participants : des représentants des syndicats de la restauration et de l’hôtellerie, des associations ou collectifs (dont Droit au Sommeil, Habiter Paris, Association des Usagers de DansMaRue, le Réseau Vivre Paris, ADDM18, Marais-Louvre, 60 Millions de Piétons, Riverains du 11ème arrondissement et bien d’autres associations d’habitants), au moins un maire d’arrondissement (celui du 17ème), Frédéric Hocquard (adjoint au tourisme et à la nuit), Thierry Charlois, la DU, la DPSP…

Dans une concertation les absents sont tout aussi importants que les présents. A noter les absences suivantes :

  • Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la Maire de Paris en charge notamment de l’urbanisme, de l’architecture et des relations avec les arrondissements ;
  • David Belliard, adjoint à la maire de Paris en charge notamment de la transformation de l’espace public, du code de la rue et de la voirie ;
  • Anne-Claire Boux, adjointe à la maire de Paris en charge de la politique de la ville ;
  • Jacques Galvani, adjoint à la Maire de Paris en charge de l’accessibilité universelle et des personnes en situation de handicap ;
  • Anne Souyris, adjointe à la Maire de Paris en charge notamment de la santé publique, de la santé environnementale, de la lutte contre les pollutions ;

Mme Polski étant adjointe en charge notamment du commerce et de l’artisanat cela revient à ne considérer cette révision du RET que sous son aspect économique, ignorant au passage les artisans privés de place de livraison. La présence de M. Hocquard, adjoint au tourisme, prouve également que ce projet concerne plus l’attractivité touristique que la tranquillité des Parisiens.

M. Grégoire aurait dû participer puisque la question de l’urbanisme est central comme l’ont montré les plus de 600 terrasses à l’abandon signalées sur DansMaRue. D’autre part le service attribuant (et pouvant retirer) un droit de terrasses est sous sa responsabilité. Les élus d’arrondissement ont été placés devant le fait accompli lors de création de ces terrasses éphémères et fort peu écoutés lorsqu’ils ont signalé des abus.

M. Belliard aurait dû participer puisqu’un doublement proposé de la surface des terrasses impacte directement l’espace public dont il a la charge. La création des terrasses sur les trottoirs et sur les places de livraison ont aussi des implications pour “le code de la rue” et la voirie.

Mme Boux aurait dû participer car le doublement des terrasses signale un choix du tout-festif au détriment du concept de la ville 1/4h et impacte la politique dont elle a la charge.

M. Galvani aurait dû participer car le doublement des surfaces de terrasses, dont plus de la moitié sur les trottoirs réduira d’autant les cheminements et donc l’accessibilité pour les PMR.

Enfin, Mme Souyris aurait dû participer puisque le bruit est la deuxième source de pollution, que le doublement des terrasses aura pour conséquence une augmentation des nuisances sonores. Le sommeil est un droit et surtout un besoin. Les questions de santé publique, de santé environnementale et de lutte contre les pollutions dont elle a la charge sont donc centraux dans cette révision du RET. 

Mme Polski a déclaré d’emblée que “les terrasses ne devront ne pas occuper totalement l’espace public“. La pérennisation des terrasses “éphémères” équivaudrait à un doublement des surfaces dévolues aux terrasses. Une bonne nouvelle les terrasses seront soumises à un régime d’autorisation et non de simple déclaration comme l’été dernier. Qui dit autorisation dit possibilité de retrait en cas de manquement aux règles.

1er - 60 rue de l'Arbre Sec

Les représentants des syndicats des bars et restaurants ont tenu des propos fort modérés, conscients de la situation désastreuse qu’ont vécue les Parisiens et l’image déplorable que certains établissements ont donné de la profession. En vrac la position du SYNHORCAT : ils souhaitent mettre de l’ordre dans les terrasses, déplorent que certains établissements n’avaient pas assuré leurs terrasses éphémères (!) et que certaines terrasses étaient dangereuses. Ils ont reconnu que la situation était “compliquée” pour les riverains, que les terrasses éphémères ne devraient pas rouvrir en l’état et souhaitent même organiser un concours de terrasses vertueuses. Le représentant du SNEG-UMIH a regretté qu’aucune évaluation n’ait été faite et a concédé qu’il y avait des manquements de verbalisations des établissements et de la clientèle.

M. Stéphane Manigold, président du groupe Eclore et propriétaire de restaurants à Paris, est intervenu sur BFMBusiness : “Demain il faut qu’on ouvre le dialogue avec la population… On tend la main à ces associations… Il ne faut pas, demain, qu’on soit une gêne…“. Propos à rapprocher de ceux des syndicats professionnels lors de la première réunion de “concertation” avec la mairie.

Les associations de riverains ont développé des arguments complémentaires :

Pour le Réseau Vivre Paris! a déploré l’organisation et les délais qui ne laissent que peu de place pour la concertation et l’absence d’évaluation des terrasses 2020. Les documents ont été envoyés un peu plus de 24h00 avant la réunion. Les terrasses éphémères étaient une réponse à une situation exceptionnelle (la crise sanitaire). Elles n’ont aucune vocation à être pérennisées d’autant que l’avenir est loin d’être certain quant à la pandémie. Le Réseau Vivre Paris! demande une stricte application des conditions d’exploitation des terrasses, qu’un régime de sanctions soit réellement appliqué, un numéro de téléphone unique et une rubrique dédiée dans l’application DansMaRue pour faire les signalements.

Pour Droit au Sommeil, l’augmentation du nombre de terrasses n’est pas une attente des Parisiens. Il est nécessaire de faire un diagnostic fondé sur des faits objectifs, d’installer des capteurs sonores, de renforcer les moyens de contrôle et les sanctions. La Ville et les professionnels doivent être vigilants face au risque de “pétage de plomb” des victimes des nuisances sonores.

9ème - 32 rue Victor Massé

Pour Habiter Paris, le calendrier n’est pas sérieux et a rappelé que l’adhésion syndicale était très faible à Paris, d’où le peu de poids des syndicats sur les établissements irrespectueux des règles. Son représentant a souligné l’importance de la régulation qui doit être centrale, l’importance de la santé environnementale. Il a rappelé que la pollution sonore (2ème après celle de l’air) a un impact sur la santé publique, que le temps de sommeil est indispensable. Il préconise l’instauration d’un permis à points et a finalement posé cette question : que veut-on à Paris, des quartiers-bistrots ou des quartiers-ville du 1/4h? 

Un membre du Collectif Nuisances Sonores et du Conseil de Quartier Montorgueil a indiqué ce que nous savons tous : les terrasses non sanctionnées sont un vieux problème. Les nuisances générées par les terrasses sont une des causes de la baisse de la population dans certains quartiers et l’inflation des baux étouffe les commerces de proximité, nous faisant tourner le dos à la ville du 1/4h. Il a souligné que les terrasses éphémères doivent être limitées à la crise sanitaire et ne doivent pas être pérennisées.

Le représentant des Riverains du 11ème arrondissement a déploré l’absence de cadrage, un calendrier beaucoup trop restreint et l’absence de prise en compte des remontées des associations. Il a appuyé l’instauration d’un permis à points.

L’association 60 Millions de Piétons, membre du Réseau Vivre Paris! a regretté que les terrasses éphémères soient le seul point à l’ordre du jour. Il a souligné la nécessité d’intégrer les recommandations du rapport de l’Inspection Générale de la Ville de Paris de 2016 et les prescriptions du plan de mise en accessibilité de la voirie et de l’espace public (PAVE).

Pour ADDM18, membre du Réseau Vivre Paris!, la réforme doit avoir un objectif et des contreparties pour les riverains. Son représentant a rappelé que plus un règlement est compliqué moins il s’applique. Il déplore, comme tous, que la réforme proposée entraine un doublement des terrasses (en terme de surface) et interroge la mairie : comment rendra-t-on applicable ce qui ne l’était pas avant ?

43 rue Lemercier, 17ème

Philippe Guerre (adjoint au commerce du 17ème arr.)  n’a fait que confirmer les craintes des associations. Il a indiqué que pour les commerçants à problèmes il n’y a pas de pas de moyens du côté de la Préfecture et de la DPSP. A titre d’exemple il a déclaré que, malgré des réunions hebdomadaires avec le commissariat et la DPSP, sur 50 signalements de terrasses à problèmes, 5 seulement ont conduit à des fermetures.

L’ Association des Usagers de DansMaRue (AUDMR) a mis en avant l’impression de déni de la part des autorités : réponses fantaisistes par rapport aux signalements, signalements occasionnellement suivis d’effet ou réponses toutes faites (“une équipe est intervenue”) mais pas toujours suivies d’effet. Ils ont déploré l’absence de signalements conduisant à des sanctions et le fait que l’élu se déclare satisfaite avec 70 verbalisations.

La DPSP n’est intervenue brièvement qu’en toute fin de réunion. Nous eu droit à un exercice de justification et d’autosatisfaction. La période de 4-5 mois aurait été trop courte pour évaluer l’efficacité de la DPSP (sic!) alors que c’est justement pendant cette seule période que les Parisiens avaient besoin de ses services puisqu’on nous avons été confinés ou semi confinés le reste du temps. Enfin la DPSP semble satisfaite d’avoir infligé 1 900 PV, dont certains pour jet de mégot ou autre incivilité mineure. Sur 10 000 terrasses, 7 000 étalages et 9 500 terrasses éphémères sur 150 jours, cela fait 4 millions de possibilités de verbalisation éventuelle. Comment expliquer un taux de verbalisation aussi ridicule après l’été que les Parisiens ont vécu? A quoi sert une police municipale dans ces conditions ?

Malgré les réserves exprimées, beaucoup de points importants ont été évoqués et méritent d’être étudiés de façon plus approfondie avant de finaliser un nouveau règlement qui nous engagera pour une longue période   De plus nous sommes encore, et pour une durée indéterminée,  dans une période marquée par le Covid. 
La bonne solution ne serait-elle pas de travailler ensemble à une charte V3, opérationnelle à partir de début juillet,  pour une durée limitée plutôt que de vouloir adopter le nouveau règlement dans la précipitation ?

Analyse de l’étude de l’APUR sur le commerce parisien

Article complet sur le site de Marais-Louvre
A l’initiative de la Ville de Paris et de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, sous la titre “ Inventaire des commerces à Paris en 2020 et évolution  2017-2020“, l’APUR* (Atelier Parisien d’Urbanisme) vient de publier une étude sur l’état du commerce parisien juste après le premier confinement (enquêtes réalisées en octobre 2020, la plupart des commerces étant alors ouverts). Il s’agit de la 7ème étude menée, la dernière enquête datant de 2017.

Ainsi Paris comptait en octobre dernier un peu plus de 61 500 commerces et services commerciaux.  La principale caractéristique est une très forte densité, en comparaison d’autres grandes villes françaises, en 3 ans, cependant leur nombre a diminué de 1,9% après plusieurs années de stabilité, la pandémie de la Covid n’ y étant pas étrangère. Ce sont les commerces traditionnels appelés “équipements à la personne” c’est-à-dire habillement, bijoux, presse… et les commerces de gros (partis à la périphérie de la capitale) qui sont les plus touchés (respectivement – 1 100 et – 600).

Parmi les commerces en progression en revanche, ceux spécialisés dans le bio voient leur nombre augmenter de 200 unités (+67%), de même que ceux du secteur de la santé-beauté et du bien-être. Mais ce sont surtout les bars, cafés, restaurants qui augmentent de façon significative (+ 660) «prolongeant ainsi une tendance entamée il y a plus de 10 ans», note l’ Apur qui en a dénombré plus de 15 247 contre 12 686 en 2003, soit + 20,2% et + 4,5% par rapport à 2017.

Ce nombre supplémentaire de 2 561 établissements en 17 ans mérite analyse. En effet, si les brasseries traditionnelles et les cafés-tabac baissent lentement, ce sont surtout les restaurants asiatiques et les restaurants rapides (+ 1 566 en 20 ans) qui se multiplient. Si les bars, cafés et débits de boissons n’ont cru que de 1% sur les 3 dernières années, il importe de souligner que cette tendance doit être rapportée à une base existante déjà très large puisqu’avec les restaurants, ce secteur représente 1 commerce sur 4 soit 10,2 pour 1 000 habitants (le taux le plus élevé des grandes villes françaises !). Certains arrondissements, notamment dans le centre ont même des densités 3 à 5 fois plus élevées que la moyenne parisienne dans les quartiers touristiques et très fréquentés par les étudiants et les actifs, le 1er arrondissement étant cité comme exemple (28 pour 1 000 habitants) ! Cette activité connait aussi un fort taux de rotation (47%!).

Un chapitre spécial a retenu toute notre attention, il est consacré aux étalages et terrasses. Un commerce sur 5 est concerné. 8 000 terrasses avaient été dénombrées en octobre 2017 (50 % des établissements ayant alors au moins une terrasse) dont 900 établissements (11%) avec une ou plusieurs terrasses fermées, 5 750 (71%) avec une ou plusieurs terrasses ouvertes et 1 450 (18%) avec les 2 types de terrasses.  Notons à ce propos que 1 900 terrasses ont des appareils de chauffage contre seulement 1 150 en 2014…

En septembre 2020, 8 300 cafés bars et restaurants, soit 55% des 15 200 recensés, ont déclaré une installation de terrasses éphémères sur l’espace public, dont 44% implantées sur les trottoirs, 30% à la fois sur trottoir et une ou plusieurs places de stationnement et 22% sur une ou plusieurs places de stationnement, 4% étant sur la chaussée. 7 500 places de stationnement se trouvent ainsi occupées. L’APUR rappelle que l’application de la loi Evin en 2007 a amorcé la montée du nombre des terrasses qui d’estivales sont devenues permanentes. Puis le mouvement a été amplifié par la décision unilatérale de la mairie de juin dernier d’autoriser les terrasses éphémères pour cause de Covid en ne favorisant curieusement qu’une profession, les bars cafés et restaurants. Lors du déconfinement les riverains ont pu mesurer les nuisances sonores générées surtout la nuit et depuis la fermeture des établissements l’état de délabrement des terrasses en question qui ternissent le paysage de nos rues. Le renouvellement du règlement des terrasses et des étalages risque fort de pérenniser ces terrasses éphémères et toutes leurs conséquences. La Covid aura eu le mérite de donner à l’équipe municipale un alibi pour continuer à favoriser toute une profession malgré toutes les aides existantes, aussi bien gouvernementales que régionales ou municipales citées dans l’étude de l’APUR qui souligne combien il faudra “éviter lors de la reprise des transformations commerciales brutales… et maintenir une animation commerciale qui participe au rayonnement de Paris“.

Dans ses déclarations, Olivia Polski, adjointe à la Maire de Paris en charge du commerce se dit inquiète de la situation et annonce l’étude de la création d’une “foncière commerce” tout en demandant à l’Etat de faire davantage.  Elle oublie d’indiquer que les décisions de la mairie de piétonniser une multitude de rues, la suppression des places de stationnement (notamment du fait des terrasses éphémères et de la création de pistes cyclables) ne sont pas étrangères non plus aux difficultés des commerces qui, au-delà de la pandémie, ont dû affronter auparavant les conséquences du mouvement des gilets jaunes, les grèves des transports et la montée de l’e-commerce.

Cette étude apporte bien la preuve que les décisions unilatérales, sans concertation et sans études d’impacts suffisantes, prises par la mairie ont des effets néfastes sur le commerce en général et qu’il ne sert à rien de “sur-aider” plus spécifiquement un secteur au détriment de tous les secteurs d’activités.

(*) Atelier parisien d’urbanisme, association à but non lucratif créée en 1967 et réunissant 27 partenaires est un lieu d’étude partagé et prospectif multiscalaire. Il documente, analyse et imagine les évolutions urbaines et sociétales concernant Paris, les territoires et la Métropole du Grand Paris.

Terrasses éphémères à l’abandon

Mise à jour du 1er avril 2021

Les terrasses éphémères n’ont d’éphémère que le nom. Ephémère vient du grec ephêmeros, qui dure un jour“, par extension “qui n’a qu’une courte durée“. Bien que les bars et restaurants soient fermés du fait des mesures gouvernementales, ces terrasses sont toujours en place, laissées à l’abandon par ceux qui les ont installées à titre gratuit sur l’espace public avec l’accord de la Ville.

Les terrasses soi-disant éphémères confisquent des places de stationnement pour handicapés, des emplacements réservés aux vélos, des places de stationnement classiques, des places de livraison qui empêchent les artisans de travailler. 

Elles enlaidissent la ville, donnant à certains de nos quartiers des airs de bidonville. Les déchets s’accumulent dans et sous certaines terrasses favorisant ainsi la prolifération des rats. 

A noter que bon nombre de ces terrasses ne respectent pas la charte élaborée par la Ville et signée par les commerçants. Cette charte est pourtant claire : Je m’engage à utiliser des dispositifs légers et esthétiques, facilement et rapidement démontables. (tables, chaises, plancher légers, parasols et écrans avec une hauteur maximale de 1,30 m). Parmi les centaines de terrasses signalées, combien respectent cette charte?

Lors des récents coups de vent certaines ont même représenté un réel danger. 

Aucun quartier n’est épargné comme le montre ce diaporama qui compte près de 620 exemples de terrasses abandonnées sur l’espace public. D’autres seront ajoutées au fur et à mesure des signalements.

10ème - 110 rue des Petites Ecuries 2

Et pourtant, dans la plupart des cas, la Ville ne fait rien pour exiger leur démontage.

Si vous n’avez pas le temps de visionner tout le diaporama nous avons préparé un “best of” ou plutôt un “pire de”.

15ème - 4 rue Violet
Style cabane de jardin (>1,30m)

Le Réseau Vivre Paris! vous encourage à signaler toutes les terrasses à l’abandon en utilisant l’appli DansMaRue. Ce signalement peut se faire sur le site ou mieux encore sur un smartphone. Choisir la rubrique Voirie et espace public et cocher terrasse à usage commercial / étalage excessif. Afin d’en garder trace indiquer l’adresse terrassesSUPPRIMER@reseau-vivre-paris.fr. Tous les signalements seront envoyés à cette adresse et nous pourrons ainsi juger de l’efficacité ou de l’inefficacité de la Ville dans ce domaine.

Un exemple de terrasse pour lequel les agents de la ville n’ont rien vu d’anormal…

6ème - 45 rue Dauphine

Pour cette terrasse au 45 rue Dauphine dans le 6ème la réponse de la DPSP est la suivante : Il nous est impossible d’y donner suite car : En l’absence de danger pour la circulation piétonne, et compte tenu de l’activité commerciale suspendue jusqu’à nouvel ordre, l’examen d’une éventuelle non conformité sera revu ultérieurement. Or cette terrasse contrevient pourtant à la charte élaborée par la Ville et signée par les commerçants : les dispositifs ne sont ni légers ni esthétiques, ils ne sont pas facilement et rapidement démontables, ils dépassent la hauteur maximale de 1,30 m et une installation électrique se trouve à l’intérieur.

1er - 23 rue Molière 3
Un exemple parmi tant d’autres des difficultés que rencontrent les livreurs et les artisans (23 rue Molière, 1er). Les places de livraison sont occupées par une terrasse inutile, les livreurs se garent où ils peuvent.

Les contributions des Parisiens commencent à porter leur fruit comme en atteste ce message sur Twitter:

Encore un effort… nous sommes loin du compte comble montre notre diaporama.

Les réactions dans la presse :
«Abominables», «mal bricolées» : un collectif part en guerre contre les terrasses éphémères à Paris (Le Parisien, 16 février)
Faut-il démonter les terrasses éphémères à Paris? (BFMTV, 18 février)
Un collectif alerte contre les terrasses éphémères (CNews, 19 février)
«Certaines sont bidonvillesques»: un collectif s’attaque aux terrasses éphémères à Paris (Le Figaro, 23 février)

Terrasses et espace public : le Réseau Vivre Paris! assigne la Mairie en justice

Terrasse éphémère

Faute d’une politique de la Ville réellement soucieuse de protéger les parisiens victimes d’un usage non contrôlé de l’espace public mis au service de la “fête” et du tourisme de masse et après 10 ans de tentatives amiables pour trouver des solutions, l’association Réseau “Vivre Paris!” assigne la Mairie de Paris devant la juridiction administrative. 

Notre cause sera défendue par un avocat spécialisé en droit public, avec pour but de faire cesser les nombreuses dérives sur l’espace public dues aux excès de la politique “de la fête permanente” et du tourisme de masse de la Mairie de Paris:

  • autorisations abusives de terrasses accordées et renouvelées depuis des années en violation du règlement parisien des étalages et terrasses;
  • autorisations et prolongation jusqu’en juin 2021 des terrasses éphémères” sans fondement juridique sur simple déclaration unilatérale de l’exploitant;
  • absence de sanctions pour le non-respect de la charte qui accompagnait les extensions de terrasses éphémères;
  • absence quasi totale de contrôles efficaces concernant les limites de l’occupation autorisée et les tapages en terrasses, l’encombrement des trottoirs, la malpropreté, les mauvaises odeurs (épanchements d’urine) etc…;
  • absence de véritables sanctions envers les exploitants, même notoirement récalcitrants.

Cette mauvaise gestion de l’espace public par la Mairie est responsable de la forte augmentation des nuisances sonores et des entraves au cheminement des piétons maintes fois dénoncées par les associations de riverains. 

Paris 6ème

Sans considération des risques sur la santé des Parisiens (manque de sommeil et toutes ses conséquences) reconnus par le milieu médical, la Mairie de Paris veut pérenniser, dès 2021, les terrasses “éphémères”. Comme la loi vient de conférer la tranquillité publique sous la seule responsabilité de la Mairie, nous redoutons donc le pire.

L’association “Réseau Vivre Paris !” aux côtés des associations de quartier qui en sont membres, a longtemps dialogué avec la Ville avec dévouement et persévérance pour tenter de faire évoluer les choses. 

Face au constat d’échec des multiples “concertations” avec la Ville dont la politique s’avère plus animée par le souci de communiquer que par une volonté de gestion rigoureuse et responsable, l’association “Réseau Vivre Paris !” se résout aujourd’hui à saisir la juridiction administrative pour obtenir que la Mairie assume ses responsabilités et use réellement de ses pouvoirs pour faire respecter ses propres règlements.

L’association “Réseau Vivre Paris !” fait appel aux associations, collectifs d’habitants, copropriétés, Parisiennes et Parisiens concernés pour soutenir financièrement cette action.

Participation financière au recours

Plus de détails sur notre action en justice 

Mme la Maire, les Parisiens ne vous disent (toujours) pas merci

Article mis à jour le 9 octobre
Mme la Maire de Paris a pris la décision sans aucune concertation d’offrir l’espace public aux bars pour y étaler leurs terrasses, et ce en dehors de tout cadre juridique ou réglementaire : le fait du prince en quelque sorte.
Depuis la mi-mai, le sommeil des Parisiens et le déplacement des piétons ont été sacrifiés pour satisfaire le lobby des bars et des marchands d’alcool. De plus le non respect sur ces terrasses des mesures barrières mises en place par le gouvernement posent un risque de santé publique : terrasses bondées, non-respect de la distanciation…
L’argument soi-disant économique selon lequel les bars ont souffert (comme tant d’autres) de la crise sanitaire et qu’ils méritent une aide (comme tant d’autres) ne tient plus. Il ne s’agit plus d’une aide passagère mais d’un gigantesque cadeau fait à une profession sur le dos des Parisiens, au mépris de leur santé.
Nous avons reçu près de 100 de témoignages de Parisiens… D’autres se trouvent sur notre compte Twitter et sur notre page Facebook.
Aucun quartier de Paris n’est épargné par ces nuisances comme le montrent ces témoignages.


9 octobre

Le Collectif Rendeznousparis a publié un communiqué de presse le 8 octobre en réponse aux mesures annoncées par la Mairie de Paris. Ce collectif se félicite de la tenue de la réunion du 28 septembre qui est loin d’avoir répondu à ses attentes à long terme.

En tant que citoyens, les signataires appellent la ville à se reprendre et lui demandent de :
–  restituer à brève échéance une tranquillité publique malmenée de longue date du fait de ses choix du « tout terrasse » et de son inaction à en empêcher les débordements ;
–  assurer sans délai l’application effective des règlements et des chartes qu’elle édicte ;
–  sanctionner pour ce faire les manquements graves ou récurrents par des retraits effectifs d’autorisations ;
–  sanctionner ainsi les exploitants irrespectueux de leur environnement tout en récompensant ceux qui le respectent ;
–  repenser plus généralement la place des terrasses des cafés, bars et restaurants dans le domaine public parisien, dans une perspective de respect de la tranquillité, de la santé, de la circulation et du stationnement de tous, pour que la liberté de certains n’entraine pas le confinement de ceux qui voisinent ou qui ont besoin de se déplacer ;
–  d’engager sans délais, en pleine concertation, dans le cadre du PLU, une politique volontariste de régulation des bars et restaurants. Elle devra comprendre un arrêt de la croissance exponentielle et une meilleure répartition territoriale de ces activités, conformément aux principes de la « ville du quart d’heure » et de l’économie circulaire ;
– renoncer tant qu’il est encore temps à l’inquiétante trajectoire adoptée depuis trop longtemps d’un Paris vendu à la fête sans limite en extérieur, à l’alcoolisation massive, a u x comportements antisociaux encouragés par des exploitants nouveaux hérauts du Paris de la nuit, déresponsabilisés des comportements qu’ils suscitent et des souffrances qu’ils entrainent.

28 septembre

Le Premier adjoint à la Maire de Paris, Emmanuel Grégoire, en charge de l’urbanisme, entouré des Maires-adjoints Nicolas Nordman (sécurité), Olivia Polski (commerce artisanat), Frédéric Hocquard (tourisme et vie nocturne) assistés d’Ariel Weil, maire de Paris-centre et François Vauglin, maire du 11ème arrondissement, ont reçu des représentants du collectif Rendez Nous Paris qui regroupe une quarantaine d’associations parisiennes. Le collectif a préparé une plateforme en amont de la réunion.

Suite à cette réunion la Mairie de Paris a publié une nouvelle mouture des engagements que prennent les bars et restaurants pour créer une terrasse éphémère qui ne diffère guère de la précédente.

La Mairie de Paris a publié un relevé de décisions suite à cette réunion.


26 septembre

Une délégation de sept membres du collectif d’une quarantaine d’associations sera reçu par Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la Maire de Paris, accompagné des maires adjoints concernés par les questions relatives à l’espace public. Les membres de cette délégation ont été choisis pour leur connaissance du dossier. En amont de cette réunion le collectif a préparé une plate-forme qui a été adressée à nos interlocuteurs à l’Hôtel de Ville.


24 septembre

Devant les risques de reprise de la pandémie le ministre de la santé annoncé de nouvelles mesures pour freiner le virus dans les grandes villes, dont Paris.

La réaction de Mme la Maire de Paris nous étonne : “l’édile a dénoncé des mesures “très restrictives prises malheureusement sans concertation”. Elle assure ainsi n’avoir été prévenue qu’une heure avant.” C’est quand même surprenant (le mot est faible) d’entendre Mme Hidalgo se plaindre de l’absence de concertation quand elle a elle-même décidé de l’octroi gratuit de l’espace public aux bars sans aucune concertation.De plus, elle se plaint de n’avoir été prévenue qu’une heure avant. Les Parisiens, quant eux, ont été prévenus après et mis devant le fait accompli (le fait du prince comme nous l’écrivions le 3 juillet). 

Emmanuel Grégoire, son premier adjoint, reprend à son compte les éléments de langage des syndicats des bars et restaurants : “La veille, juste après les annonces d’Olivier Véran, le premier adjoint à Paris, Emmanuel Grégoire avait déjà tancé une mesure représentant “un risque économique immense”. L’adjoint également s’est dit “dubitatif sur la fermeture des bars”, estimant que “le risque maximum est dans les espaces privés. Parce que le risque que nous pressentons, c’est que quand vous prenez des mesures trop coercitives (…) le risque ce n’est pas que les gens arrêtent de faire la fête mais se déportent dans des lieux moins contrôlés”, a justifié Emmanuel Grégoire.
Ses propos sont à mettre en parallèle avec cet extrait de la Dépêche : “Pour ces syndicats patronaux fermer plus tôt dans la soirée les bars et restaurants pousserait les clients à privilégier des soirées privées en appartements ou sur des lieux publics favorisant la transmission du virus. ” Nos professions constituent la seule alternative sécurisée face à la multiplication de manifestations sauvages qui échappent par définition à tout contrôle et responsabilité” ont plaidé les syndicats professionnels auprès de la préfecture.”


23 septembre

Le Parisien a publié un article au titre explicite : le cri de colère des riverains contre l’extension des terrasses à Paris. Comme le dit très bien Bertrand Lukacs : “Ce courrier commun, c’est du jamais-vu et cela montre le niveau d’exaspération invraisemblable qui a été atteint.” Il ajoute : “Les signataires dénoncent en premier lieu la brutalité et la verticalité de la méthode, regrettant une mise à l’écart des habitants et de certaines professions, en totale contradiction avec les promesses d’une politique plus participative.
Le réponse de la Ville de Paris (“laconique” selon le journaliste) suspend en effet : elle “a travaillé sur une nouvelle charte, basée sur les retours d’expérience de terrain des services de la Ville, des mairies d’arrondissement et les associations des riverains.” De nombreux maires d’arrondissement n’ont même pas été avertis de la création des terrasses éphémères et, à notre connaissance, aucune association de riverains n’a été consultée. 


21 septembre

Une quarantaine d’associations et collectifs parisiens ont rédigé un communiqué demandant à être reçus par la Maire de Paris.
Les signataires déplorent l’incapacité de la Mairie de Paris et de la Préfecture de Police à faire respecter la « charte des engagements » et donc leur impuissance à protéger les Parisiens contre les risques sanitaires et les nuisances générées par les terrasses « éphémères ».
Ils s’inquiètent en effet d’une dérégulation encore moins contrôlée de l’espace public, alors que les risques de propagation du coronavirus, les nuisances sonores, l’alcoolisation massive, les comportements antisociaux, ont redoublé avec l’entrée en vigueur de cette décision.
Ils constatent enfin qu’une étape supplémentaire a été franchie dans l’exclusion de l’espace public des personnes à mobilité réduite, dont le droit de circuler est toujours plus entravé à Paris, au point d’être aujourd’hui remis en cause par l’élargissement des terrasses.
Devant la gravité de cette situation, les organisations et citoyens signataires appellent la Maire de Paris à ouvrir dans les plus brefs délais des discussions concernant son projet.

Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris, a proposé de rencontrer les associations ayant rédigé le communiqué.
Nous sommes hautement conscients des effets pervers dus aux mesures d’autorisation des terrasses éphémères et nous sommes déterminés à les limiter efficacement. C’est pourquoi la charte fait l’objet d’une adaptation afin de mieux prendre en compte et limiter ces nuisances, de même que le renforcement des moyens pour contrôler et sanctionner les abus. 
Nous vous proposons de vous recevoir avec l’ensemble des adjoints à la Maire de Paris concernés pour faire le point sur les différents sujets et améliorer la situation. Nous serons à l’écoute des propositions formulées par votre collectif. Si vous en êtes d’accord, nous vous proposons une rencontre. 
Bien à vous


19 septembre

Un article de Challenges au titre sans ambiguïté : A Paris, le bruit des 8.000 terrasses éphémères fait craquer les riverains. “Un vent de révolte souffle sur Paris. Les riverains sont en colère. Ils craquent d’être privés de sommeil depuis des semaines.” Mais la Mairie de Paris est sourde et refuse d’entendre les Parisiens victimes des nuisances sonores générées par les 8000 terrasses éphémères. C’est pourquoi, comme l’annonce Challenges “un collectif de 40 associations de riverains de la capitale (dont Le Réseau Vivre Paris!) se prépare à publier une déclaration“.


14 août

Un article du Figaro Magazine résume parfaitement la situation : L’extension des terrasses des cafés et restaurants sème la zizanie dans les villes.

Nous ne pouvons qu’être d’accord avec ce que dit le DG de pro tourisme: “La contrepartie de la liberté c’est le contrôle : les villes doivent se donner les moyens de faire respecter les limites de l’autorisation en termes d’horaires, de surface, de musique, etc… Que les polices municipales patrouillent!”
Exactement ce qui ne se passe pas à Paris. Et pourtant la Maire de Paris a une police municipale à sa disposition.

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