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#saccageparis : 165 000 tweets en quelques jours

Tweet du 8 avril (matin)

Mis à jour le 8 avril à 12h00
Notre titre originel du 5 avril était : saccageparis : 25 000 tweets en quelques jours. Trois jours plus tard le hashtag #saccageparis a été tweeté 165 000 fois de 21 000 comptes différents.
Difficile d’invoquer le complot politique. Les auteurs de ces tweets sont en grande majorité des associations de quartier et des Parisiens qui expriment tout simplement leur mécontentement. La municipalité parisienne doit les entendre.

18ème - 30 rue Muller 2
terrasse éphémère à l’abandon


En quelques jours, le hashtag #saccageparis est devenu viral et a été mentionné plus de 25 000 fois sur Twitter. L’objectif de son instigateur était de dénoncer “un Paris encrassé et enlaidi.” Il ajoute : “Je ne m’attendais pas à ce que cela prenne une telle ampleur. Mais je ne suis pas surpris. Je ne pouvais pas être le seul à être frappé par l’état de dégradation de la ville.

De très nombreux sites et journaux ont repris l’information : le Parisien, le HuffPost, Europe1, France3, le Monde, Ouest France, FranceBleu, le Figaro, BFM, Elle, Capital, MarianneTV, L’Opinion… Même le Stuttgarter Zeitung a publié un article au titre évocateur : Shitstorm in Paris. Mais aussi le Daily Mail, news.com.au (Australie), le New Zealand Herald, la BBC, RND (Allemagne), PL News (Pologne), TRT (Turquie), Euronews-Turquie, France24 (en anglais), RFI (en anglais), SkyNews, News18 (Inde), The Morning Bulletin (Australia), MalayMail (Malaisie), le New York Post, Watson (Suisse). Tous ces articles sont accompagnés de photos peu flatteuses montrant l’état de l’espace public parisien.

La propreté n’est pas le seul point mis en avant, mais plus largement le mauvais état de l’espace public parisien et les aménagements qui donnent un aspect délabré à certains quartiers. Le Réseau Vivre Paris! en faisait le constat avec les centaines de terrasses soi-disant éphémères, laissées à l’abandon et dont le signalement n’est suivi que de bien peu d’effet.

Le Parisien, toujours prompt à offrir ses colonnes à la Mairie de Paris a publié un article : #saccageparis: la mairie de Paris contre-attaque.

  • L’argumentaire de la mairie et de ses alliés est vraiment simpliste et n’est pas à la hauteur des attentes des Parisiens : 
  • La Ville subit sur Twitter une campagne de dénigrement en bonne et due forme, relayée par les réseaux militants de droite”, attaque la mairie de Paris. Ne pas être d’accord avec la Mairie de Paris c’est donc être de droite? C’est un peu court comme explication.
  • … la Ville, qui dit être « confrontée à des incivilités et à des problèmes de régulation de l’espace public comme toutes les autres grandes villes de France». C’est partout pareil, donc ce n’est pas notre faute.
  • Je me promène beaucoup dans Paris mais je n’ai pas l’impression que la ville est saccagée. Je vois des arbres en fleurs, des jardins entretenus et de nouvelles jardinières bordent l’avenue des Gobelins”, assure Jérôme Coumet, maire (DVD) du XIIIe, qui dénonce lui aussi une campagne orchestrée par des comptes proches de la droite et d’opposants à la maire de Paris. “Mais ce n’est pas cette une polémique à deux balles qui va la déstabiliser”. “Une polémique à deux balles“? Quel mépris dans la bouche d’un élu qui parle ainsi des Parisiens. Visiblement le maire du 13ème a besoin d’une nouvelle paire de lunettes puisqu’il ne voit que des fleurs et des jardins bien entretenus. De toute façon il est convaincu d’avoir raison.
  • Les Parisiens qui travaillent à l’extérieur mangent dans la rue car les restaurants et des bars sont fermés et il y a plus de saleté sur la voie publique. Selon le maire du 20ème, c’est la faute des gens qui travaillent et mangent dehors car les bars sont fermés. Il faudrait donc rouvrir les bars pour que Paris soit propre?
  • Les terrasses éphémères installées durant la période du premier déconfinement peuvent donner aujourd’hui une impression de laisser-aller, mais elles ont été très appréciées par les commerçants. Nous ne baissons pas les bras”, assure Eric Pliez, le nouveau maire (DVG) du XXe. Les terrasses éphémères à l’abandon, ce n’est qu’une impression selon la maire du 20ème. Pourtant plus de 600 signalements et de bien maigres résultats.
  • La mairie de Paris rappelle que l’application « dans ma rue » est « le meilleur moyen de signaler des problèmes de propreté ou des dépôts sauvages. Il y a plus de 100 000 utilisateurs actifs sur l’application. L’implication croissante des services et des opérateurs partenaires permet d’atteindre un taux de 40 % de signalements clôturés en 48 heures. Clôturés ne veut pas dire résolus comme le montre le grand nombre de terrasses à l’abandon toujours en place. Ce “service” marche très mal et ce n’est pas à cause du confinement. A titre d’exemple, pour certains tags il faut relancer 3 à 4 fois et même alerter l’adjointe en charge de la propreté Colombe Brossel pour que ces tags soient enlevés.

La Mairie de Paris ne pourra pas s’en tirer par une simple campagne de communication. Le déni n’a plus cours. Elle doit entendre les Parisiens.
Parler de campagne de dénigrement est un peu court et même méprisant vis à vis des milliers de Parisiens qui se sont mobilisés autour du hashtag #saccageparis

La Maire de Paris reste sourde à ça que les milliers de Parisiens lui disent. Sur RTL, la journaliste n’a parlé que de propreté alors que le problème soulevé par le hashtag #saccageparis est beaucoup plus vaste. Pour toute réponse Anne Hidalgo a parlé de “trumpisation“, de “proximité avec l’extrême-droite” et finalement “d’astrosurfing“.

La Mairie de Paris subventionne ses amis plutôt que la lutte contre les nuisances sonores

Les priorités de la Mairie de Paris sont claires. Le Conseil de Paris a alloué une subvention de 110 000 € au bénéfice des Pierrots de la nuit (AMUON) et 45 000 € seulement pour Bruitparif

La Butte aux Cailles – 3 juin 2020

La mairie veut donc encore une fois infliger aux Parisiens une double peine : payer pour subventionner une association d’amis de la mairie dont l’utilité n’a jamais été démontrée et, de surcroit, maintenir l’omerta sur la réalité et la gravité des nuisances sonores causées par de trop nombreux bars et restaurants, mais aussi par les attroupements en milieu ouvert (Canal Saint-Martin par ex.) notamment dans les quartiers dits “festifs”. Cela fait 10 ans que l’AMUON est privilégiée par rapport à Bruitparif (notre article).

Pourtant, les Parisiens concernés dénoncent depuis longtemps l’inutilité des interventions des Pierrots de la Nuit et réclament, au contraire, un large déploiement du dispositif Bruitparif.

Les effets positifs de l’action des Pierrots (AMUON) n’ont jamais été démontrés (notre article du 19 mai 2015) : si les nuisances perdurent ou croissent dans tous les sites notoirement noctambules, si elles apparaissent dans d’autres sites qui deviennent noctambules, c’est que cela ne marche pas. 

Anne Hidalgo en campagne à la Bellevilloise

Cela ne marche pas quoi qu’en dise Renaud BARILLET, le président de l’AMUON et propriétaire de plusieurs établissements, dont la Bellevilloise qui génère des nuisances sonores telles qu’une pétition a été lancée en 2019. Le même Renaud BARILLET est co-auteur d’un rapport inquiétant pour le compte du ministère des Affaires étrangères pour promouvoir le tourisme nocturne dans lequel on découvre cette phrase qui en dit long sur son manque de considération pour les riverains, victimes des nuisances sonores : “Les actions des associations de riverains à l’encontre des organisateurs d’évènements ou gérants d’établissements sont particulièrement dommageables, et ce alors que ces organismes ne représentent les intérêts que d’un faible nombre d’usagers.” Au vu des déclarations de son président, il est clair que l’AMUON ne saurait prétendre s’exprimer au nom des riverains victimes des nuisances sonores (notre article du 25 avril 2018). 

Ces riverains savent, eux, argumenter pour expliquer que jamais le dispositif des Pierrots de la Nuit ne marchera :
– 1/ la méthode est utopique en ce qu’elle prétend éduquer les usagers de la voie publique alcoolisés par des mimes et des danses ;
– 2/ la méthode est imparfaite en ce qu’elle prétend former les patrons des établissements qui ne demandent rien, nient mal gérer leurs établissements et surtout savent que, de toute façon, ils resteront impunis pour les troubles à la tranquillité publique liés à leurs établissements, ce qui est un fait avéré.

En revanche, l’association d’intérêt général Bruitparif offre les moyens :
– 1/ d’objectiver les nuisances par des capteurs (les méduses) qui n’enregistrent que les niveaux de bruit (et en aucun cas des données personnelles) ;
– 2/ de déterminer le niveau sonore généré par la vie nocturne par rapport au bruit ambiant ;
– 3/ de traiter finement les données collectées en vue de déceler le lien possible avec les commerces ou les attroupements en milieu ouvert ;
– 4/ de contribuer aussi à remédier aux nuisances par l’envoi de messages d’alertes aux responsables d’établissements et/ou aux autorités chargées (en théorie) des contrôles et par l’affichage public de l’intensité du bruit destiné aux usagers de la voie publique.

Y aura-t-il des élus pour empêcher que la mairie de Paris continue à s’enliser dans la politique actuelle et permettre la pose de plus de capteurs en donnant les moyens financiers à Bruitparif au bénéfice des Parisiens ?

Est-il bien nécessaire de revisiter l’esthétique de Paris ?

Article paru sur le site de Marais-Louvre

Le 1er adjoint de la Maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé en novembre dernier que l’équipe municipale souhaitait revoir l’esthétique de la capitale et pour cela une consultation est lancée avec à la clé la rédaction d’un « manifeste pour une nouvelle esthétique parisienne » . Pour cette opération à laquelle chacun peut participer  la ville indique que si  » Paris est une ville d’une beauté extraordinaire, forgée par les matériaux comme la pierre, le verre ou le zinc, les couleurs, les lignes régulières »…elle  » ne peut pas se réduire aux projets du Baron Haussmann et d’Adolphe Alphand, qui ont dessiné notre ville au 19è siècle. Cette grammaire urbaine n’a pas imprégné tous les quartiers de Paris de la même manière. Paris est une ville multiple et à l’image de ses habitants : saisissante de contrastes, entre tradition et modernité. Le caractère unique de la beauté parisienne est ainsi à la croisée entre conservation patrimoniale et innovation. « . Il est ajouté, pour justifier ce changement sans doute déjà programmé,   » Aujourd’hui, la crise climatique change la donne : nécessité d’une végétalisation massive, développement des mobilités douces, débitumisation… La transformation radicale et nécessaire, en cours dans toutes les grandes métropoles mondiales, nous oblige à repenser totalement le paysage urbain parisien. « 

Voilà tout est dit, comment faire d’une ville au caractère unique, et déjà bien abîmée par nombre d’aménagements inadaptés, une ville sans doute banale et d’allure commune avec « les grandes métropoles mondiales ».  Cette perspective est d’autant plus navrante qu’ayant été sollicité par la mairie de Paris Centre qui ne peut qu’emboiter le pas à la mairie centrale, le mail d’accompagnement reçu pour inciter à participer à la consultation spécifiait, à propos du manifeste auquel cette dernière devrait aboutir, qu’il « … servira à définir un référentiel esthétique qui pourra par la suite être décliné dans les documents municipaux comme le plan local d’urbanisme, le règlement de étalages et terrasses, le règlement local de publicité ou encore le règlement de voirie. « 

4ème - 16 rue Vieille du Temple 2

Nous y voilà, réapparait une nouvelle fois le sujet des terrasses si important aux yeux de la municipalité qui sur ce plan fait preuve d’une constance sans faille, au même titre que les subventions conséquentes qu’elle accorde à des associations liées au secteur des cafetiers (à comparer au montant plus faible octroyé à Bruitparif afin d’installer des « pieuvres » permettant de mesurer les nuisances sonores émanant de bars qui ne respectent pas les habitants). Là encore et après une consultation sur la façon dont devront être occupées les places de stationnement libérés (notre article du 28 février 2021), les terrasses sont, au travers de cette nouvelle consultation,  noyées parmi d’autres thèmes comme le mobilier urbain, la couleur de celui ci le revêtement des rues etc. Le changement climatique impose-t-il de modifier les bancs et le mobilier de type colonne Morris ou fontaines Wallace (après qu’aient été changés nombre de kiosques à journaux devenus communs et sans cachet) ?  Quels nouveaux avantages le remaniement du règlement des terrasses va-t-il accorder aux  limonadiers ? Les habitants et leurs représentants seront-ils associés à la nouvelle rédaction de ces règles ? Les exclure leur  enlèverait une bonne part de légitimité.

Pour notre part, et vous pourrez faire de même, nous allons répondre au sondage en indiquant que le mobilier actuel avec sa belle couleur verte en accord avec le végétal ne doit pas être changé car il s’agit de la marque de fabrique de la capitale. Il serait impensable de la modifier sans gommer le passé.  En revanche, l’harmonie commande d’étendre ce mobilier type partout et de supprimer le mobilier inutile et décalé fait de poutres, traverses de chemin de fer et autres chaises, bancs et bacs à fleurs, caissons de protection des bicyclettes qui défigurent sous couvert de modernité des rues et des lieux pourtant emblématiques tels la place de l’Hôtel de Ville et la place de la République pour notre arrondissement. Il en est de même des milliers de corbeilles dans nos rues, des abribus et des toilettes publiques qui doivent répondre à un modèle unique en accord avec le mobilier traditionnel de la capitale. Le principal souci est aussi d’entretenir tout ce mobilier, de le repeindre dès que nécessaire et de le débarrasser des stickers et autres tags qui les recouvrent. Il importe aussi de faire de même sur les installations  techniques (feux tricolores, armoires électriques, panneaux indicateurs, bornes de recharge électrique…).  Les fresques et les peintures murales devront, elles aussi, être choisies en symbiose avec les lieux où elles seront apposées. Les « gribouillis » et « pochades » sans intérêt sont à exclure.  Sous couvert de verdir Paris il ne faut pas laisser faire n’importe quoi autour des arbres de nos rues et réglementer plus strictement leur aménagement. Quant à la « débitumlisation », il serait absurde de « débitumiser » pour « débitumiser ». Il faut penser à ceux qui ont des difficultés à se déplacer, aux parents avec des poussettes pour enfant… Le remplacement du bitume est à faire avec soin, après étude et en totale concertation avec les riverains des voies concernées.

Alors rêvons un peu et essayons de prendre pour nôtre la conclusion de la consultation de la mairie de Paris devant aboutir à un manifeste qui ne manque pas d’une certaine “prétention” :
Le manifeste mettra en place des règles pour désencombrer l’espace public de son mobilier inutile, intégrer le végétal dans notre paysage, uniformiser les couleurs, les matériaux, les lignes car l’esthétique, c’est avant tout une question d’harmonie.

La Ville lance des consultations publiques absolument incontrôlables et suspectes de ne constituer que des faire-valoir de décisions prises par les élus.
Un contre-questionnaire qui constitue une riposte originale a été mis en ligne.
Vous serez peut-être tentés d’y participer (5 minutes maxi) et de vous exprimer un peu plus personnellement à l’occasion de la dernière question.

Un dossier que nous allons suivre. Cependant la question des terrasses est le sujet le plus sensible pour les habitants. Conscients que celles-ci doivent exister, ils sont, face à des exploitants indélicats, lassés par les nuisances qu’elles entraînent ans leur vie quotidienne et des avantages disproportionnés octroyés à ce seul secteur d’activité par une équipe municipale qui leur semble inféodée en comparaison du traitement réservé à d’autres commerces.

PS : Voir l’article de la Tribune de l’Art paru le 15 mars sur ce sujet

Nouvelles restrictions à Paris pour la consommation d’alcool à emporter : discrimination entre les quartiers !

Situation le 27 février à la Butte aux Cailles (Paris XIIIè)

L’association les Riverains de la Butte aux Cailles a publié cet article

La Préfecture de police a publié des mesures complémentaires à la  fermeture des centres commerciaux non alimentaires de plus de 10 000 m² pour « limiter la circulation épidémique à Paris ».  L’arrêté interdisant la consommation d’alcool dans l’espace public entre 11 heures et 18 heures a été élargi, ce qui ne peut que rassurer les habitants des quartiers dans lesquels la rue se transforme en terrasse publique régulièrement.

Mais l’élargissement est limité à un certain nombre de quartiers expressément cités.

Ceci constitue en soi-même un traitement discriminatoire pour tous les quartiers non cités dans la liste où la consommation à emporter est un fait habituel notoire.

Pire : la situation de ces quartiers risque de s’aggraver, car ils seront un « refuge » pour les consommateurs. 

La décision du Préfet de police est, par ailleurs, tout particulièrement indéfendable dans les cas où il ne pouvait ignorer le risque auquel il n’est pas remédié. Comme par exemple pour la Butte aux Cailles (XIIIarrondissement), l’association des riverains ayant signalé les excès en produisant des photographies édifiantes et explicitement réclamé à la Préfecture de police (et à la municipalité) l’interdiction. Comment se fait-il que le quartier soit « soigné » de la sorte ? De la part de la Préfecture de police, mais aussi de la Ville qui prévoit, sans tenir aucun compte des avis des habitants, de lui infliger une expérimentation de livraisons la nuit (32 bars et restaurants à livrer sur 2 petites rues) et peut-être aussi les poubelles.


Berges de la Seine, sur la rive droite et la rive gauche, entre le pont des Arts et le pont de Sully, berges de l’île de la Cité, et berges de l’île Saint-Louis, la place Joachim du Bellay ; la fontaine des Innocents, place du Bourg-Tibourg, place du marché Sainte-Catherine, rue des Hospitalières-Saint-Gervais et la rue des Petits Carreaux (Paris centre), Constrescarpe (Ve arrondissement) ; rue de Buci (VIe arrondissement) ; esplanade des Invalides (VIIe arrondissement) ; place Lino Ventura, avenue Trudaine (entre la place Lino Ventura et la rue Turgot), rue des Martyrs (entre la rue La Vieuville et la place Lino Ventura), place du Tertre, rue Marcadet (IX et XVIIIe arrondissement) ; Canal Saint-Martin (quais de Jemmapes et de Valmy), rue du Faubourg-Saint-Denis, cour des Petites-Ecuries (Xe arrondissement) ; les rues du Général Renault et du Général Blaise (XIe arrondissement) et la place Flora Tristan (XIVe arrondissement)

Terrasses éphémères à l’abandon

Mise à jour du 1er avril 2021

Les terrasses éphémères n’ont d’éphémère que le nom. Ephémère vient du grec ephêmeros, qui dure un jour“, par extension “qui n’a qu’une courte durée“. Bien que les bars et restaurants soient fermés du fait des mesures gouvernementales, ces terrasses sont toujours en place, laissées à l’abandon par ceux qui les ont installées à titre gratuit sur l’espace public avec l’accord de la Ville.

Les terrasses soi-disant éphémères confisquent des places de stationnement pour handicapés, des emplacements réservés aux vélos, des places de stationnement classiques, des places de livraison qui empêchent les artisans de travailler. 

Elles enlaidissent la ville, donnant à certains de nos quartiers des airs de bidonville. Les déchets s’accumulent dans et sous certaines terrasses favorisant ainsi la prolifération des rats. 

A noter que bon nombre de ces terrasses ne respectent pas la charte élaborée par la Ville et signée par les commerçants. Cette charte est pourtant claire : Je m’engage à utiliser des dispositifs légers et esthétiques, facilement et rapidement démontables. (tables, chaises, plancher légers, parasols et écrans avec une hauteur maximale de 1,30 m). Parmi les centaines de terrasses signalées, combien respectent cette charte?

Lors des récents coups de vent certaines ont même représenté un réel danger. 

Aucun quartier n’est épargné comme le montre ce diaporama qui compte près de 620 exemples de terrasses abandonnées sur l’espace public. D’autres seront ajoutées au fur et à mesure des signalements.

4ème - rue François Miron

Et pourtant, dans la plupart des cas, la Ville ne fait rien pour exiger leur démontage.

Si vous n’avez pas le temps de visionner tout le diaporama nous avons préparé un “best of” ou plutôt un “pire de”.

19ème - 6 rue de Chaumont
Modèle défensif

Le Réseau Vivre Paris! vous encourage à signaler toutes les terrasses à l’abandon en utilisant l’appli DansMaRue. Ce signalement peut se faire sur le site ou mieux encore sur un smartphone. Choisir la rubrique Voirie et espace public et cocher terrasse à usage commercial / étalage excessif. Afin d’en garder trace indiquer l’adresse terrassesSUPPRIMER@reseau-vivre-paris.fr. Tous les signalements seront envoyés à cette adresse et nous pourrons ainsi juger de l’efficacité ou de l’inefficacité de la Ville dans ce domaine.

Un exemple de terrasse pour lequel les agents de la ville n’ont rien vu d’anormal…

6ème - 45 rue Dauphine

Pour cette terrasse au 45 rue Dauphine dans le 6ème la réponse de la DPSP est la suivante : Il nous est impossible d’y donner suite car : En l’absence de danger pour la circulation piétonne, et compte tenu de l’activité commerciale suspendue jusqu’à nouvel ordre, l’examen d’une éventuelle non conformité sera revu ultérieurement. Or cette terrasse contrevient pourtant à la charte élaborée par la Ville et signée par les commerçants : les dispositifs ne sont ni légers ni esthétiques, ils ne sont pas facilement et rapidement démontables, ils dépassent la hauteur maximale de 1,30 m et une installation électrique se trouve à l’intérieur.

1er - 23 rue Molière 3
Un exemple parmi tant d’autres des difficultés que rencontrent les livreurs et les artisans (23 rue Molière, 1er). Les places de livraison sont occupées par une terrasse inutile, les livreurs se garent où ils peuvent.

Les contributions des Parisiens commencent à porter leur fruit comme en atteste ce message sur Twitter:

Encore un effort… nous sommes loin du compte comble montre notre diaporama.

Les réactions dans la presse :
«Abominables», «mal bricolées» : un collectif part en guerre contre les terrasses éphémères à Paris (Le Parisien, 16 février)
Faut-il démonter les terrasses éphémères à Paris? (BFMTV, 18 février)
Un collectif alerte contre les terrasses éphémères (CNews, 19 février)
«Certaines sont bidonvillesques»: un collectif s’attaque aux terrasses éphémères à Paris (Le Figaro, 23 février)

3 semaines de confinement puis on fait la fête

Article publié sur le site de Marais-Louvre
Nouvelle va-t-en-guerre, la première magistrate de Paris exerce son magister en donnant de plus en plus de directives au gouvernement (voir article précédent). Elle estime désormais qu’un confinement de 3 semaines des Parisiens devrait suffire à éradiquer la pandémie dans la capitale et ainsi, passé ce délai, permettrait de rouvrir tous les commerces fermés c’est-à-dire les bars, les restaurants et leurs terrasses. Une  façon subliminale de refaire cette fête à laquelle l’équipe municipale est tant attachée.

Cette manie simpliste d’envisager le retour à la normale n’est heureusement pas du goût du préfet qui a remis les choses au clair. Le contexte national de la Covid 19 est tel que personne aujourd’hui ne sait à quelle échéance la pandémie disparaîtra, sauf la Maire de Paris éclairée peut-être par son propre conseil scientifique ou mieux par le lobby des bars et restaurants à qui elle ne refuse rien.

Car dans le conscient collectif des « mairie-bars-restaurants-boîtes de nuit » Paris sans la fête ne serait plus Paris. Ce cliché passéiste est devenu encore plus déphasé avec la pandémie. Si le manque de lien social est le principal reproche fait à la Covid 19, la majorité des Parisiens aspire au calme, à une ville apaisée non pas seulement par les modes de déplacements dits « doux » mais par une qualité de vie où chacun serait respectueux de l’autre sous la bienveillance d’une équipe municipale au service de tous et non d’une seule corporation. Le nombre de Parisiens quittant la capitale n’est pas anodin et devrait faire réfléchir les élus ! 

D’ailleurs lorsque l’on parle confinement comme le fait la Maire de Paris, il faut être réaliste, malgré l’interdiction de se réunir des lieux de regroupement pourtant interdits existent où l’alcool coule à flot. Et l’on sait que pour l’après la mairie est à la recherche de 60 lieux de la capitale où « festoyer » quand la crise sera passée. Quelles nuits blanches en perspective pour les habitants dont on ne requiert même pas l’avis? 

Non, ces 3 semaines de confinement préconisées par Anne Hidalgo font partie de ses pirouettes dont elle a le secret et en l’occurrence qui n’a qu’un but, favoriser les alcooliers et la fiesta dans les rues de Paris. Les Parisiens ne supportent plus ce favoritisme et ses inconséquences !

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