Nos amis de l’association de défense de Montmartre et du 18e (ADDM18) confrontés aux problèmes liés au surtourisme dans leur quartier ont mené une étude et confié la rédaction d’un livre blanc au Pr Rémy Knafou.
Communiqué de l’ADDM18
UN LIVRE BLANC DU TOURISME À MONTMARTRE
Dans le but d’améliorer la cohabitation entre habitants et touristes à Montmartre, l’association de défense de Montmartre et du 18e (ADDM18) a confié au professeur Rémy Knafou le soin d’objectiver cette question, sous forme d’un livre blanc destiné aux pouvoirs publics.
Il y a là une démarche inédite car les problèmes posés par cette cohabitation
n’ont pas été étudiés en France où le tourisme est essentiellement considéré sous ses aspects économiques.
UN CONSTAT
Montmartre et le Sacré Cœur (monument plus visité que la tour Eiffel ou le Louvre) est une étape incontournable du circuit touristique parisien. Mais il est habité par 25000 personnes, combinant une population anciennement implantée et une gentrification récente. Le logement y est sous tension entre usages résidentiel ou touristique. Ces aspects sont abordés à partir de statistiques inédites.
Le vécu des Montmartrois (résidents et/ou actifs du quartier) a fait, pour la première fois , l’objet d’une enquête : les principales préoccupations exprimées, et abondamment citées dans l’étude, sont :
- Un sentiment de « trop plein » de touristes
- Une critique des groupes organisés
- De vifs reproches quant à la saleté de l’espace public
- Une évolution dommageable du commerce
- Une contestation du développement d’Airbnb
- Un constat de négligence sinon de carence des pouvoirs publics
Les statistiques confirment un très haut niveau de fréquentation. Le sentiment de trop plein est sans doute renforcé par la circulation d’excursionnistes dans des lieux contigus précédemment non visités.
Ces diverses analyses permettent d’affirmer que la touristification, très avancée et peu régulée, de Montmartre provoque une détérioration des rapports entre visités et visiteurs : l’irritation a succédé à l’apathie et la menace d’un antagonisme envers le « surtourisme » se profile.
DES PISTES POUR PROTÉGER CE « VILLAGE URBAIN »
Montmartre est un « bien commun » soumis aux pressions d’intérêts contradictoires. Il faut le protéger en prenant des mesures garantissant sa préservation.
Un ensemble d’idées d’améliorations rapides et concrètes ont été recensées lors des interviews et auprès de l’ADDM8.
Fondamentalement il convient de s’inspirer des expériences de régulations ayant réussi dans de grandes villes touristiques (Barcelone, Amsterdam, Florence, Dubrovnik) en envisageant des transpositions pertinentes.
La mise en place de mesures doit se faire en recherchant l’équilibre entre les intérêts des résidents, des commerçants et des touristes. Il est ainsi préconisé la mise en place d’une structure paritaire de cogestion locale du tourisme. Il s’agit en particulier de dépasser l’amateurisme du laisser-faire actuel, pour co-construire des décisions et des budgets justifiés par des études d’impact.
Il est souligné en conclusion que Montmartre semble un lieu parfaitement adapté à un projet pilote d’amélioration de la cohabitation habitants-touristes.
Son succès pourrait alors contribuer à la politique touristique de la ville de Paris.






