Dernière trouvaille de la Mairie de Paris : les bars comme agents régulateurs de l’espace public !

Décidément la Mairie de Paris ne sait plus quoi inventer pour faire plaisir aux lobby des bars. Dans un premier temps, Anne Hidalgo, maire de Paris, a promis qu'elle allait leur offrir les rues de Paris pour qu'ils étalent leurs terrasses sur les trottoirs et dans des rues fermées à la circulation à leur intention. Frédéric Hocquard, membre de l'équipe municipale d'Anne Hidalgo, en rajoute une couche sur le site de Trax et déclare : "On peut considérer les bars comme des agents régulateurs de l’espace public.” Si on suit son raisonnement, plus besoin de police, d’associations de riverains, les bars sont là!

L'article sur le site de Trax (des rues bientôt piétonnes pour agrandir les terrasses et faire de petits concerts) est accompagné d'une photo d'une terrasse bondée sur laquelle les clients sont à touche touche. Illustre-t-elle ce qui est grandement à prévoir? Les comportements inciviques et irresponsables qui ont été constatés le long du Canal Saint-Martin ou au Sacré Coeur augurent mal de la suite.

Les bars ne sont absolument pas aptes à gérer l'espace public et il n'est pas acceptable de même imaginer, surtout venant d'un élu, que les bars puissent être juges et parties dans cette période de crise sanitaire sur un sujet aussi sensible.

Le Réseau Vivre Paris! ne souhaite pas s'opposer au soutien des bars par la Mairie (voir notre article). Les associations de riverains sont dans leurs droits et dans leurs rôles d'exiger des contraintes fortes, fondées sur nos expériences passées du terrain. Nous exigeons que le projet d'Anne Hidalgo intègre des solutions crédibles pour faire régner l'ordre dans l'espace public, cet ordre qui est de la compétence de la Préfecture de Police, et non de la mairie.

Le Réseau Vivre Paris! s'inquiète depuis longtemps du parti pris de Frédéric Hocquard, adjoint d'Anne Hidalgo, qui ne manque pas une occasion de défendre les intérêts des bars au détriment de ceux des habitants de Paris (voir notre article). Il se vante sur Twitter "d'esquisser, avec d’autres, quelques pistes pour faire revivre, en douceur, la nuit parisienne". Avec "d'autres"? Les bars mais pas les Parisiens qui habitent aux dessus ou en face de ces bars. Priver les habitants de sommeil, les exposer à un risque de contamination, comment peut-on parler de "douceur"? Qu'en pensent le ministre de l'intérieur, la Préfecture de Police, le ministre de la santé, les autorités sanitaires, le personnel soignant, les maires d'arrondissement?

7 réflexions sur « Dernière trouvaille de la Mairie de Paris : les bars comme agents régulateurs de l’espace public ! »

  1. Article formidable qui montre bien le mépris de nos édiles vis-à-vis de leurs administrés. Ecoeurant!

  2. C'est curieux, je pensais que Mme Hidalgo et le maire du 13ème, M. Coumet, étaient proches...
    Parce qu'à la Butte aux Cailles où il y a déjà une activité de vente à emporter d'alcool destiné à être consommé sur la voie publique, la régulation par les établissements, ça ne marche pas, pas du tout.
    Les consommateurs se regroupent à touche-touche sur le trottoir d'en face, un peu plus loin, là où il a des entrées d'immeubles où s'asseoir (à moins qu'il ne s'agisse d'y aller pour évacuer les trop pleins...), sur la place de la commune.

  3. Cet article est écrit pour les bars et développe des arguments que les bars veulent entendre.
    En effet, M. Hocquard reprend ici l'un des éléments de langage que nous avons entendu décliner par l'UMIH au fil des réunions "Tranquillité et sécurité publique" à l'Eurométropole de Strasbourg.
    Les établissements de nuit ont été ainsi successivement présentés par le représentant syndical
    - comme "des phares dans la nuit" où les femmes poursuivies pouvaient venir échapper à leurs agresseurs et au viol quand les commissariats de police sont fermés la nuit puis
    - comme des refuges pour échapper une attaque terroriste.
    Aujourd'hui, les terrasses devraient éviter les dérives de type "Canal Saint-Martin" face à la démission des pouvoirs publics incapables d'y faire respecter les mesures de distanciation en vigueur.
    Manoeuvre perverse qui fait passer les fauteurs de troubles potentiels et/ou avérés en précieux auxiliaires voire substituts de la force publique chargée de nous protéger.
    Le lobby est à la manoeuvre et M. Hocquard est son prophète.

  4. Qu'en pensent le ministre de l'intérieur, la Préfecture de Police, le ministre de la santé, les autorités sanitaires, le personnel soignant, les maires d'arrondissement?

  5. Merci pour cet article à lire absolument qui montre combien la Maire de Paris est inféodée aux lobbying des alcooliers et est prête a toutes les concessions pour assurer sa réélection même au détriment des habitants que nous sommes.
    Tout cela est lancé sans concertation... Honteux!

  6. Il serait bon que Madame Hidalgo soit plus attentive aux déclarations en son nom des membres de son équipe. Avant d'avancer de telles propositions, l'administration de la Mairie de Paris devrait déjà publiquement s'engager à émettre un terme définitif aux nombreuses exploitations illégales de l'espace public.

  7. Cette décision hâtive de la Mairie risque fort d'être immédiatement attaquée en référé auprès des tribunaux pour risque de mise en danger de la vie d'autrui.

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