Le cas Hocquard : lettre ouverte à Mme la Maire de Paris

OBJET : Demande d’écartement de M. Frédéric HOCQUARD de fonctions relatives au développement de la vie nocturne parisienne

Madame la Maire, 

Cette lettre ouverte vous est adressée en votre qualité de maire de Paris et de candidate aux municipales. Il a pour objet de vous demander formellement que Monsieur Frédéric Hocquard soit démis de ses fonctions actuelles de président du Conseil de la nuit et qu’il n’ait plus à l'avenir aucune responsabilité dans une instance quelconque se rapportant au développement de la vie nocturne à Paris.

Cette demande est provoquée par le fait que M. Hocquard a, via son compte Twitter, assuré la promotion  d’un article du journal Le Monde du 15 mars intitulé « C’est une dernière nuit, une nuit historique » : le soir où la France est passée au « stade 3 » pour lutter contre le coronavirus », sous la plume de Pascale Robert-Diard,  Raphaëlle Bacqué,  Richard Schittly,  Solenn de Royer et Ulysse Bellier.

Notre grief tient en premier lieu au fait que ce texte témoigne d’une forte empathie envers ceux qui ont désobéi à l’injonction de confinement décidée par le Président de la République et son gouvernement. M. Hocquard promeut donc un discours complaisant envers la désobéissance civique, l’absence de solidarité, des comportements propres à aggraver le risque sanitaire du Covid-19.

Très habilement rédigé, l’article de presse n’ignore pas totalement l’injonction. Mais il ne fait qu’effleurer implicitement son bien-fondé,  pour s’appesantir sans discontinuité sur les états d’âme de ceux à qui il est devenu interdit de se rassembler dans les bars et autres établissements en soirée. Sa conclusion illustre sa tonalité : « Sur les trottoirs, il y a soudain un peu de crainte, de tristesse et déjà de la nostalgie. Un couple envoie un baiser − à distance réglementaire − au patron qui ferme sa caisse : « On ne sait pas quand on se reverra »… ». Les auteurs de ce texte ont usé d’une liberté d’expression qu’il ne s’agit pas de contester. Mais, ce que l’on conteste, c’est qu’un élu, qui plus est lorsqu’il est par ailleurs président du Conseil de la nuit fasse fi de son devoir car il lui est bien évidemment interdit de promouvoir ledit texte. Ce, y compris dans le cadre d’une diffusion réservée à ses abonnés, qui n’a rien de privé à en juger par le nombre desdits abonnés et par le fait que l’élu s’y exprime très clairement en tant que personne publique.

Notre grief concernant cette publication s’appuie en second lieu sur une appréciation contextuelle de l’acte de promotion dudit article de presse que nous dénonçons.

Depuis plusieurs années, nous nous sommes adressées maintes fois à vous-même et votre Cabinet pour dénoncer la posture déséquilibrée de M. Hocquard lors des réunions et échanges relatifs au fonctionnement du Conseil de la nuit. 

Après quoi, nous avons certes observé que l’élu maitrisait mieux son discours. Mais malgré cette apparente rectification, le déséquilibre des positions de M. Hocquard en faveur des établissements n’a cessé de s’exprimer, au point de lancer un appel aux citoyens pour défendre un établissement contre une action de la Préfecture de police. Sur notre site vous trouverez d’autres précisions sur ce que nous dénonçons et qui sont elles aussi édifiantes (Le bilan de Frédéric Hocquard).

Dans ce contexte, la promotion de l’article du Monde précité ne constitue pas une simple erreur, ni même une simple faute de la part de M. Hocquard. Elle est une faute lourde. 

Nous vous demandons, Madame la Maire de Paris, d’en tirer toutes les conséquences si vous êtes réélue, en insistant sur le fait que l’association Vivre Paris! n’abandonnera pas son objectif d’une administration du développement de la vie parisienne nocturne équilibrée par les élus du peuple.

Nous vous prions de recevoir, Madame la Maire, nos salutations les plus distinguées.

L'association Réseau Vivre Paris!

5 réflexions sur « Le cas Hocquard : lettre ouverte à Mme la Maire de Paris »

  1. Le rôle donné à Monsieur Hocquard est de promouvoir la vie nocturne et non de faire respecter la loi ou de traiter les incivilités (Ce rôle est celui de la préfecture, des juges et de la maire de Paris).
    Il a donc tenu son rôle et ses objectifs.
    Ces objectifs étaient issus de la quête de nouveaux revenus liés au tourisme de masse et une demande réelle de dynamisme dans les centres villes dans les années 2010.
    Le chemin le plus court et le plus simple pour atteindre cet objectif a été le développement des activités liés à l'alcool et la fête (Paris est une fête). Monsieur Hocquard a été pour cela un ambassadeur de luxe.

    La nouvelle décennie prend un virage totalement différent.
    La population réclame des avancées pour son cadre de vie, les sondages de la ville de Paris sur 2019 et lors de la campagne des municipales ont montré que la préoccupation première des parisiens est la lutte contre les incivilités, la propreté, la sécurité.
    La politique de développement des activités nocturnes des années 2010 sont une des causes majeures de ces constats de dégradation de la vie quotidienne des habitants. Les politiques en place ne veulent pas l'assumer publiquement, mais savent que de nouvelles stratégies doivent être appliquées.
    Les pollutions de tout type (sonores, respiratoires ou sécuritaires) ne sont plus acceptées par les citoyens car elles sont devenus trop présentes.
    Aujourd'hui les données mesurant ses pollutions sont disponibles (airparif, bruitparif, préfecture de police) et conforment avec les sondages.
    Si madame Hidalgo a fait 30% au premier tour c'est grâce à son train d'avance sur la question écologique, pas pour ses actions contre les incivilités, la propreté ou la vie quotidienne (sauf des bobos, des fêtards et touristes).
    Pour répondre à la nouvelle demande forte des Parisiens concernant la securité et la tranquillité elle devra et doit adapter sa politique et changer les représentants des pôles clés responsables de la dégradation de la vie quotidienne (vue nocturne, propreté, sécurité). Il est impossible d'ameliorer la situation sans changer les responsables en place... ce serait mentir aux Parisiens.

  2. Cet article sur Hocquard est juste et pertinent.
    Les habitants du Quartier de l'Horloge souffrent toujours des nuisances sonores de la Mutinerie. Ils ont été véritablement choqués d’apprendre qu’une fonctionnaire à la Mairie de Paris, sous la responsabilité de l’adjoint à la Maire chargé de la vie nocturne et de l’économie culturelle, M. Hocquard, avait lancé un appel public aux dons pour soutenir ce commerce privé, lequel est depuis des années en infraction avec la réglementation en matière de bruit ! Les quelques fermetures administratives temporaires n’ont nullement fait changer ce comportement irrespectueux…
    Note du Réseau Vivre Paris! : voir notre article sur la Mutinerie

  3. merci : par milliers, par dizaines de milliers, nous, parisiens (et parisiennes), nous soutenons ton point de vue et nous nous y associons dans l'espoir de mettre, enfin !, un terme, aux agissements néfastes du dit hocquard

    cet élu adjoint de la maire de paris n'a tenu aucun compte ni des alertes ni des suggestions de nos associations représentant les habitants (et les habitantes) ; son conseil de la nuit s'est révélé une honteuse mascarade, faux nez grossier des seuls intérêts de puissants lobbies (regroupements de vendeurs d'alcools, associations de débits de boissons, réunions de propagateurs de musiques amplifiées dans des locaux non insonorisés, ...)

    ce faisant, hocquard a totalement négligé les impératifs de santé publique indispensables à la protection du bien-être des riverains ; il n'a pas non plus protégé contre eux mêmes ses amis, soi-disant "fêtards", auteurs de comportements anti-sociaux à répétition, et qui, comme le montre l'article du journal Le Monde, ont tenu à se défoncer, tous ensemble, collés les uns aux autres, jusqu'à la dernière minute avant confinement : cette totale irresponsabilité collective a bien sûr été favorisée par la diffusion constante des messages dérégulateurs de la mairie de paris

    adjoint de la maire de paris, hocquard, n'a jamais été contredit par la dite maire ; il est directement responsable de la dégradation de la qualité de vie de quartiers entiers, martyrisés par les ravages de la mono-activité de l'alcool et les dégâts de la "fête" à la mode hocquard

    il y a bien longtemps que de nombreux habitants du quartier oberkampf réclament la tête du dit hocquard : http://www.leparisien.fr/paris-75/les-riverains-d-oberkampf-veulent-la-tete-du-monsieur-nuit-de-l-hotel-de-ville-21-06-2017-7075827.php-

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