Prolongation de l’extension des terrasses sans aucune concertation avec les habitants !

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Article publié sur le site de Marais-Louvre le 28 août 2020

La prolongation de l’autorisation d’extension et de création des terrasses jusqu’en juin 2021 décidée à nouveau en catimini par la mairie de Paris, sans aucune concertation avec les habitants ou les associations qui les représentent est une nouvelle forme de provocation de la Maire de Paris. Prendre une telle décision en pleine reprise de la pandémie au seul bénéfice des débitants de boissons et des restaurateurs alors que beaucoup d’autres professions ont souffert et souffrent encore des conséquences économiques du Covid, peut être qualifié d’irresponsable. Il est en effet démontré que les regroupements de personnes dont ceux constatés aux terrasses sans souvent respecter les gestes barrière sont parmi les facteurs de propagation du virus. N’y a t’il pas une forme de démagogie dans la décision prise de la mairie au seul profit d’une profession, sans tenir compte de l’avis des habitants et des riverains dont les témoignages sur les nuisances (notamment le bruit) conséquences de l’extension des terrasses sont légion ? La Maire ne peut l’ignorer ou alors, fort de sa réélection (avec un taux d’abstention de 63,31%, le plus élevé depuis 1977), elle n’écoute plus ses administrés et gère la ville de façon autocratique.

Voilà pourtant des années que sont dénoncées des orientations davantage destinées à favoriser les touristes et autres «  nuitards » plus motivés par la fête que le respect des autres et de leur sommeil en particulier.
Les contrôles relatifs au respect de la charte dont la presse relate les faits d’arme servent davantage la communication de la mairie. Chacun a pu constater qu’ils étaient peu efficaces, les horaires de fermeture étant fréquemment dépassés par des établissements peu scrupuleux…

Et puis il y a la question de l’anarchie dans l’aménagement de ses terrasses étendues. De nombreux cas de structures inesthétiques et inappropriées dans leur environnement nous ont été signalés. Chacun finalement agit à sa guise avec une indifférence et une impudence qui reflètent assez cette situation où on agit pour soi-même sans scrupule et sans ménager ni se préoccuper des conséquences pour les autres notamment les riverains. On ne vit pas hélas à Paris comme si on se trouvait sur une île déserte…! Même à Rodez, une ville privilégiée par l’ancien Maire de Paris, il importe de tenir  compte de la tranquillité de ses voisins.

Non vraiment cette décision de pérenniser la multiplication effrénée des terrasses à la seule profession des débits de boissons, sans concertation avec les habitants-contribuables est à n’en pas douter un coup de force qui augure mal de la manière de conduire les affaires durant cette nouvelle mandature. Nous craignons le pire pour les Parisiens qui deviennent les spectateurs du fait accompli.

Il s’agit vraiment d’une autre façon d’envisager la démocratie. La Maire doit changer de braquet et se ressaisir si elle veut éviter la défiance à son encontre de tous les Parisiens et Parisiennes.

Curieuse proposition de la mairie faite aux contrevenants aux règles de location touristique

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Article publié sur le site de MARAIS-LOUVRE le 29 juillet 2020

Curieuse proposition que celle faite par la ville de Paris par la voix de l’adjoint en charge du logement? Il est proposé aux loueurs en location touristique illégaux de revenir dans la légalité en louant leur bien selon un bail classique à 3 ans avec un loyer inférieur de 20% au prix réglementé du marché. Les 281 propriétaires, assignés par la mairie suite à des contrôles ayant révélé des locations illicites sur les plates-formes de location touristique, verraient ainsi les poursuites engagées contre eux abandonnées. Cette proposition devrait aussi être faite aux propriétaires enregistrés et en règle qui ne louent pas leur résidence principale. 

Les conséquences du Covid sont importantes pour ceux qui attendent des revenus des locations touristiques puisque les réservations en juillet et en août ont chuté de 75%!  La mairie cherchent ainsi dans ce contexte à « récupérer » les 30 000 logements qui ont quitté le giron de la location classique. 

Mais est-ce la bonne façon de procéder ? 

La méthode est pour le moins surprenante et à n’en pas douter elle risque d’inciter davantage de loueurs à s’installer dans l’irrégularité puisqu’en cas de poursuite suite à un contrôle, une amnistie est finalement possible. En fait la manœuvre est plus « subtile » qu’il y paraît. La « clémence » de la mairie à l’égard des contrevenants est une ficelle qui anticipe une décision attendue de la Cour de Justice européenne, reportée pour cause de Covid, et qui pourrait remettre en cause les fondements du texte limitant les locations de courtes durées impliquant un changement d’usage des locaux considérés. C’est-à-dire la transformation pour le louer en location saisonnière d’un local commercial d’une surface équivalente en un local habitable ou le rachat de cette commercialité, pour préserver l’équilibre entre habitat et activité économique. 

Il y a quelque temps déjà en effet, la Cour de Cassation a saisi la juridiction européenne afin de savoir si le système de compensation imposé aux propriétaires n’était pas contraire à une directive européenne dite directive service qui protège la liberté d’établissement des prestataires.

Bien que la décision de la Cour ne soit pas connue et elle ne le sera pas avant plusieurs mois, les instances engagées par la mairie de Paris à l’encontre des propriétaires en infraction sont gelées et pour éviter un éventuel camouflet la mairie essaie pas ce biais de solder ses dossiers. Mais beaucoup de propriétaires vont ils  suivre cette proposition? Pour notre part l’important est de réglementer de manière plus sévère les locations touristiques ainsi que nous l’avons récemment souligné en prenant notamment l’exemple d’Amsterdam qui a interdit celles-ci dans son centre historique.  Un exemple que souhaitent voir suivi les habitants des arrondissements du centre de Paris, mais la mairie a-t-elle envie de les écouter alors qu’elle les a ignorés pour l’extension des terrasses ?

La fin programmée des chauffages des terrasses des bars et restaurants

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Article publié sur le site de par MARAIS-LOUVRE le 30 juillet 2020
Le conseil de défense écologique qui s’est réuni récemment à l’Elysées à grands renforts de publicité a repris une des mesures de la Convention citoyenne pour le climat à savoir l’interdiction de chauffer le terrasses des bars et restaurants fin 2021. La crise du Covid laisse un sursis pour les prochains mois, mais il est mis un terme à cette aberration qui consiste à chauffer l’air extérieur en pure perte tout en polluant, notamment les braseros au gaz qui émettent du CO2…

Des actions en justice avaient bien été tentées, y compris par la mairie de Paris, mais les plaignants ont été à chaque fois déboutés.

A Paris 12500 établissements seraient dotés de terrasses chauffées et selon l’ancien maire du 2e arrondissement  » une seule terrasse chauffée de 12 m2 émet autant de Co2 qu’un 4×4 de type SUV qui roulerait 350 kilomètres chaque jour » ! Ces systèmes de chauffage se sont en fait développés lorsque les fumeurs ne pouvaient plus fumer à l’intérieur des établissements mais seulement en terrasse.

Les restaurateurs et les gérants de bars dénoncent cette décision prise sans concertation et demandent une négociation. Malgré les difficultés du secteur qui réalise 30% de son chiffre d’affaires en terrasses, il y a peu de chances que cette décision plébiscitée par tous soit remise en cause par les parlementaires, question de bon sens.

Claude Askolovitch, journaliste à France Inter, et le terrorisme des victimes !

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Très engagé aux côtés des innombrables victimes de la multiplication des bars avec terrasses ouvertes jusqu’à pas d’heure ou des établissements de nuit avec fumeurs dans la rue et fermeture à l’aube, un citoyen souhaite réagir à un passage de la revue de presse déroulée au petit matin du 23 juin 2020 sur France-Inter par le journaliste multicarte Claude Askolovitch. (voir encadré) Il s’insurge notamment contre un très malheureux rapprochement sémantique commis par le chroniqueur.

Dans le Parisien encore, on me parle d'un autre arrondissement, où ce n'est pas la mort qui indiffère mais la vie qui dérange, quelle étrangeté de lire que dans le XIe arrondissement, des riverains sont dérangés par les terrasses qui s'étalent depuis le déconfinement,  ils ont pris un avocat pour les faire reculer... Le XIe arrondissement, c'était, rappelez-vous, l'arrondissement des terrasses attaquées  avec le bataclan, et ces terrasses où nous étions retournés symbolisaient alors notre volonté de vivre...
Dans le Parisien toujours, qui sent bien sa ville, on s'interroge sur le laisser aller dont nous ferions preuve face au covid 19, faut-il accuser les fêtards de la musique du canal saint-martin? La réponse est heureusement tempérée mais le débat dit un moment.

Je n’irai pas, Monsieur Askolovitch, jusqu’à vous reprocher, comme le fit un jour Philippe Val, l’ancien patron de Charlie Hebdo, de vouloir défendre l’indéfendable. Je me bornerai à vous accuser de légitimer ces fauteurs de trouble qui, selon votre point de vue, seraient du côté de la vie quand les victimes quotidiennes des tapages et ravages nocturnes seraient, elles, des auxiliaires de la mort. Plus exactement, de la mort des villes. C’est votre manière de cautionner des choix politiques en contradiction parfaite avec les textes, toujours brandis par les élus locaux mais presque jamais appliqués, ceux qui régissent l’exigence de « tranquillité publique ». 

 Voilà plusieurs décennies que les communicants des municipalités imposent aux esprits relâchés la fallacieuse menace d’une mort lente pour les villes où ne pulluleraient pas les établissements de nuit, où le dogme imbécile de « l’attractivité nocturne » ne serait pas érigé en nécessité absolue. Des villes où l’on aurait choisi de différencier le jour de la nuit et où une minorité de fêtards ne pourraient plus, parce que la loi l’interdit et qu’on la ferait respecter, priver une très large majorité d’habitants d’un droit fondamental : celui de dormir la nuit afin d’être en état de travailler ou de ne pas somnoler le jour.

Certes, votre propos semble ne concerner que les seules terrasses de bars ou restaurants qui, en effet s’étalent un peu partout depuis la fin du confinement, mais je ne suis pas certain que vous ayez bien mesuré, avec la rigueur de l’honnête journaliste que probablement vous croyez être, le problème que posent en termes de nuisances sonores ces multiples occupations du domaine public, cette permissivité accrue et les bruyants débordements que cela entraîne, et ce jusqu’à des heures impossibles.

Venons-en au parallèle que vous faites, Claude Askolovitch, entre la mort d’un homme sur un trottoir du Bois de Boulogne, dans l’indifférence des passants, des joggeurs et de bien d’autres humains. Un jeune homme de vingt ans aura tenté un massage cardiaque, crié à l’aide et seulement obtenu quelques regards embarrassés... La mort, dites-vous, « indiffère » dans le très bourgeois XVIe arrondissement de Paris. Mais dans le XIe, naguère peuplé d’ouvrier et d’employés aux revenus modestes, aujourd’hui majoritairement habité par les classes moyennes intellectuelles, dans ce secteur parisien c’est « la vie qui dérange », selon vous.

Voilà donc qu’une armada de riverains des nombreux bars et établissements de nuit qui grouillent dans ce quartier, comme dans tant d’autres à travers le continent, se déclarent « dérangés par les terrasses qui s’étalent depuis le déconfinement » ! Quel culot ! Ces riverains vont vraiment trop loin dans leur mécontentement puisque, grince notre Askolovitch « ils ont pris un avocat pour les faire reculer !!! (les terrasses, note de l’auteur). Et puis il ajoute, le journaliste, cette ahurissante et coupable précision : « Le XIe arrondissement, c’était, rappelez-vous, l’arrondissement des terrasses attaquées avec le Bataclan. Et ces terrasses où nous étions retournés symbolisaient alors notre volonté de vivre ». 

Je ne sais ce que vous comprenez vous, amis ou ennemis lecteurs, mais pour ma part, j’ai nettement le sentiment que cet Askolovitch-là se soit livré à un assez sinistre rapprochement sémantique. Comparer des centaines de gens paisibles, qui ne réclament que le droit de dormir la nuit, aux effrayants tueurs de l’islam fanatique, voilà qui me paraît quand même très fort de café, nom d’une pipe ! Certes, nous vivons dans un pays réputé libre et on doit pouvoir y « faire la fête » … 

Encore faudrait-il – et là c’est moi qui le rappelle – que ladite « fête » ne nuise pas à tous ceux, beaucoup plus nombreux que les fêtards, qui voudraient continuer d’habiter, donc de vivre, dans leur quartier. Encore faudrait-il aussi qu’il s’agisse bien de fête, c’est-à-dire d’un moment d’exception et pas d’une pratique quotidienne. La fête est l’arrivée du plaisir au terme d’une attente. Par essence, elle ne saurait être permanente. Si c’était le cas, cela relèverait d’un manque, donc d’une addiction. La fête est le moment attendu, celui qui doit rassembler le plus grand nombre autour des valeurs de partage, d’échange, de jubilation collective, sans autre enjeu que celui d’un collectif qui inclut. Un collectif qui ne se résignerait à exclure que lorsque la loi commune se trouverait menacée, voire transgressée, de manière violente. Une vraie fête évite le piège de la mainmise du commerce, qui en récupère à son profit les bénéfices en termes de solidarité et de joie partagée. Une fête qui, par ses débordements, détruit la liberté de ceux qui choisissent de ne pas en être, doit s’interroger sur sa légitimité quand elle ne réunit qu’une petite minorité. 

Je termine en proposant à M. Claude Askolovitch de vérifier par l’immersion volontaire la pertinence de ma plaidoirie en faveur des innombrables victimes du vacarme nocturne quasi-permanent : venez passer quelques semaines dans un meublé touristique d’un des secteurs historiques de la place Gutenberg à Strasbourg, où l’industrie de la nuit a planté toute une ribambelle de bars fermant aux aurores, entraînant le désespoir et la fuite des populations installées depuis des lustres Vous m’en direz peut-être des nouvelles. Sauf si la mauvaise foi dont j’ai quelques raisons de vous croire affligé devait vous conduire à nier ou à sous-estimer certaines évidences…

Daniel EHRET, ancien président du Centre Antibruit d’Alsace, membre de l’association Calme Gutenberg de Strasbourg