Pseudo démocratie pour installer toujours plus de terrasses

Article publié sur le site de Marais-Louvre.
Sur le site paris.fr, sous le titre « Transformer les places de stationnement: nous voulons votre avis« , la mairie, en se prévalant des qualificatifs qui sont devenus les canons de sa communication (« ville plus apaisée, plus végétalisée, une ville humaine mieux adaptée à nos modes de vie et aux évolutions environnementales« ) affirme vouloir « redonner aux piétons et aux mobilités alternatives à la voiture individuelle, plus de place… » Pour ce faire l’équipe municipale a lancé une consultation et a mis en ligne un questionnaire.

Ce questionnaire entre dans le cadre de la croisade menée par la mairie de Paris contre l’automobile en « associant » cette fois les habitants à la quasi suppression ou presque des places de stationnement.

Rappelons que la pandémie due à la Covid a offert à l’équipe municipale, un véritable effet d’aubaine, par l’opportunité d’interdire la circulation automobile dans des rues en y aménageant au forceps des pistes cyclables sans aucune consultation des habitants et des commerçants impactés. Puis presque dans la foulée, et dans les mêmes conditions de diktat municipal, des terrasses « éphémères » ont été accordées gratuitement aux seuls cafetiers et restaurateurs. Ces nouvelles occupations privatives de l’espace public ont pour conséquence de condamner de nombreuses places de stationnement, de livraisons ou pour handicapés et limitent l’espace piétons. Le fil est gros, car au prétexte de « rendre aux piétons » l’espace public, l’actuelle consultation publique des habitants apparait bien comme un stratagème  pour pérenniser ces terrasses accordées aux bars et aux restaurants.   

Afin que l’illusion soit totale, le questionnaire en ligne fait apparaître une pléthore de possibilités d’occupation des plus hétéroclites de cet espace public « libéré », outre du mobilier urbain classique (des bancs, des conteneurs de tri sélectif, des composteurs, des bornes de charge électrique, des fontaines, des œuvres d’art, des jeux d’enfants, des tables de pique-nique, des boîtes à livres, des garde-mangers collectifs, des toilettes publiques, des bains de soleil (?), des consignes pour colis, des frigos solidaires ou des box à vélos), sont aussi proposés des arbres, des plantes, des mangeoires et des perchoirs pour oiseaux, des potagers urbain ou des hôtels à insectes.

Et parmi elles étonnamment, la terrasse de bar ou de restaurant

Tour de passe-passe, ce questionnaire est en réalité un habillage de la volonté ancienne et tenace de la mairie de favoriser les bars et les restaurants, en accroissant la possibilité d’étendre ou d’installer une terrasse malgré toutes les nuisances qui s’en suivent pour les riverains et les Parisiens et que nous ne cessons pas de dénoncer. Le tour de passe-passe est d’autant plus aisé que personne ne sera en mesure de contrôler qui a répondu électroniquement au questionnaire et à quel titre (Parisien ou non, de quel quartier?). La formulation des questions ne permet pas les nuances indispensables que supposeraient des réponses pertinentes car les quartiers parisiens sont d’une diversité ignorée. Curieusement, nos associations de quartier n’ont pas été informées du lancement de l’opération.

Si nous sommes conscients que les professionnels, en raison de la pandémie connaissent une période difficile comme beaucoup d’autres d’ailleurs, rien ne justifie en revanche ce favoritisme municipal qui leur est dédié. L’utilisation d’un questionnaire pour donner après coup une tonalité « participative » à une décision prise par quelques élus qui ne l’avaient pas inscrite dans leur programme de campagne électorale n’est pas convenable.

3 Comments

  1. lebrun

    bravo

  2. Pierre en colère

    Oui, c’est insidieux. La Ville a communiqué sur la rénovation de l’espace urbain tant et plus, mais cette communication ne porte pas sur la privatisation de l’espace public. Elle vante le partage, c’est autre chose car cela requiert fluidité des usages, qualité des comportements.
    Après des années d’autorisations de terrasses reconduites malgré le bruit, la saleté, le mépris des piétons, l’accroissement de l’espace public privatisé par les bars et restaurants et leurs consommateurs, on sait que c’est puissance X de dégringolade de la qualité de vue pour les habitants.
    Mais ce serait demain autrement, la Ville y veillera ? Intoxication ! La réforme de la direction de l’Urbanisme d’il y a quelques semaines n’augmente pas les moyens de l’administration qui s’occupe des terrasses. La DPSP n’évolue pas non plus : plus de monde on nous a dit ? mais où sont-ils quand les attroupements font cluster ? La police des débits de boisson n’est pas de leur ressort ? Et la ligne avec les commissariats, serait-elle coupée ? En est-on encore à la guéguerre des polices ?
    Pas bravo, pas merci, pas bisou pour tout ce que vous nous infligez mesdames et messieurs les élus et leurs fervents soutiens.

  3. Yann Hamard

    Bravo pour l’article! Ras-le-bol de cet enfumage avec cette pseudo démocratie participative ! On nous prend pour des imbéciles en essayant de nous faire croire que nous allons peser dans les décisions qui sont déjà bouclées .

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