Article publié sur le site de Marais Louvre, 1er octobre 2020 La place Sainte-Catherine est très abîmée par les bars et restaurants. Sa situation, en fait l’endroit rêvé pour remplir les tiroirs caisse. Depuis des années l’anarchie y règne, opposant les riverains pour qui la vie est insupportable (notamment en matière de bruit y compris tard le soir) et les 7 restaurateurs disposant d’une terrasse, Ces derniers n’hésitent pas à empiéter allégrement sur le domaine public. D’année en année les élus plus ou moins passifs, la Direction de l’urbanisme (Sous-direction du permis de construire et du paysage de la rue, la police, la DPSP, l’architecte des Bâtiments de France … soit passifs, soit laxistes, soit désabusés ont laissé faire ou se sont cassés les dents. La dictature des bars et restaurants a pris le pas. La place étant devenue l’ombre d’elle-même perdant son charme, son aspect pittoresque et sa tranquillité, un enfer pour les riverains qui n’ont pas baissé les bras loin s’en faut.
Les mesures sans concertation prises par la Maire de Paris au moment du déconfinement ont été considérées comme une aubaine inespérée par les commerçants, un feu vert à l’occupation totale de la place. Un blanc seing sur lequel se sont jetés les exploitants et en sus de l’extension des terrasses existantes le centre de la place a été lui aussi immédiatement occupé. Au diable s’il n’y avait plus d’espace réservé pour les piétons et les riverains. C’était heureusement sans compter sur l’opiniâtreté des habitants et du Maire de Paris Centre, Ariel Weil, qui était déjà intervenu pour essayer de remettre de l’ordre lorsqu’il était Maire du IVe arrondissement. Ariel Weil a exigé que les restaurateurs débarrassent au plus vite le terre-plein central de la place en fixant une date butoir fixée au jeudi 1er octobre. Mécontents, criant à l’acharnement, à la volonté de mettre des freins à leur activité pénalisée par la pandémie, ils se sont néanmoins exécutés.
Le Maire a souhaité tout simplement équilibrer la vie de ce quartier entre les riverains d’un côté et les restaurants de l’autre, faciliter les accès aux promeneurs, aux habitants mais aussi aux véhicules de secours. De toute manière, le Maire insiste sur un point essentiel « l’espace public n’est pas aliénable! » et il rappelle que la charte qui a été mise en place à l’occasion de l’extension des terrasses doit être respectée.
La Mairie va publier d’ailleurs une nouvelle version de cette charte dans laquelle des amendes plus élevées sont prévues pour les commerçants qui ne la respecteraient pas.
Depuis hier le centre de la place a donc été en grande partie débarrassé des ses extensions illicites de terrasses. La mobilisation des riverains en lien avec la mairie a donc porté ses fruits mais la vigilances demeure, d’autant que la pandémie est loin d’être terminée, la contamination progresse à nouveau.
Avant (ce diaporama se passe de tout commentaire)…
Article mis à jour le 12 septembre 2020 Paris compterait selon BFM 14 500 bars et restaurants. Selon la président du SNEG il y aurait plus de 8 000 terrasses éphémères auxquelles il convient probablement d’ajouter les terrasses sauvages. Plus d’un établissement sur deux bénéficie donc d’une terrasse éphémère et gratuite. Aucun autre commerce ne s’est vu accorder de tels privilèges. Or comme le montrent les témoignages que nous publions et les très nombreux messages sur les réseaux sociaux, la situation à Paris est devenue insupportable (voir notre page Facebook ou notre compte Twitter). A plus d’un titre : – impossibilité de circuler sur certains trottoirs, les piétons devant circuler sur la chaussée et s’exposer ainsi à des risques; – nuisances sonores du fait du non respect des heures de fermeture (théoriquement 22h00)- risque sanitaire enfin par le non respect de la distanciation et des gestes barrières; – de trop nombreux établissements ne respectent pas l’interdiction de diffusion de musique en extérieur; – et enfin, ce sont souvent les cafés connus de longue date comme ne respectant pas la réglementation des terrasses qui sont les plus gênants ce moment et qu’ils continuent de bénéficier d’une immuable immunité vis à vis des sanctions.
Si nous savons qu’Anne Hidalgo habite dans une rue calme du 15ème sans un bar pour troubler son sommeil, il semblerait qu’Emmanuel Grégoire habite à Rodez et que ni lui ni ses conseillers ne consultent internet ou les réseaux sociaux pourtant hyperactifs sur le sujet des terrasses depuis la sortie du confinement. Outre notre blog, de nombreux sites associatifs, pages Facebook et comptes Twitter apportent des témoignages accablants sur le situation actuelle. En effet dans un article sur le site de BFM le premier adjoint d’Anne Hidalgo ne fait pas dans la demi-mesure. Emmanuel Grégoire s’auto-congratule et trouve le bilan ni plus ni moins « hyper positif”. Il met en avant « une autorégulation très satisfaisante » et « un effort réel des restaurateurs pour respecter les règles”. Il assure même qu’il y a seulement « quelques dizaines de cas d’abus » recensés. M. Grégoire, êtes vous ainsi sourd à ce que disent les Parisiens et insensible à ce qu’ils vivent au quotidien? M. Grégoire, consultez notre page qui contient près de 100 témoignages accablants, mais aussi Twitter et Facebook sur les lesquels les Parisiens et les associations se plaignent des nuisances générées par les terrasses éphémères. Rappelons que la décision d’offrir l’espace public aux bars a été prise par la Maire de Paris sans aucune concertation (voir notre article : le fait du prince). Depuis cette décision la Mairie de Paris refuse d’entendre les Parisiens et les associations qui les représentent. La Mairie et son pléthorique service de communication lancent une campagne médiatique frénétique pour démontrer le bien fondé de cette décision autoritaire. Une seule bonne nouvelle dans cet article : l’interdiction du chauffage des terrasses. Rappelons cependant qu’une telle mesure avait échouée sur à une action en justice du lobby du gaz. Désolé de vous contredire, M. le premier adjoint à la Maire de Paris, les Parisiens ne sauraient qualifier le bilan des terrasses provisoires d’hyper positif. Il est tout simplement catastrophique et la décision de prolonger l’expérience d’un an l’est tout autant.
Mise à jour du 12/09 Le Figaro (avec l’AFP) a publié un article le 12 septembre au titre explicite : Paris : des riverains en colère contre les terrasses éphémères. Dans cet article Nicolas Nordman, adjoint à la maire de Paris chargé de la prévention et de la sécurité déclare que « 2.000 procès verbaux » ont été dressés durant l’été pour « non-respect des règles« ». Il serait bon que le premier adjoint de Mme Hidalgo qui n’a relevé que « quelques dizaines de cas d’abus » parle avec l’adjoint chargé de la prévention et de la sécurité dont les services ont dressé « 2.000 procès verbaux« .
Article publié sur le site de Marais-Louvre le 28 août 2020
La prolongation de l’autorisation d’extension et de création des terrasses jusqu’en juin 2021 décidée à nouveau en catimini par la mairie de Paris, sans aucune concertation avec les habitantsou les associations qui les représentent est une nouvelle forme de provocation de la Maire de Paris. Prendre une telle décision en pleine reprise de la pandémie au seul bénéfice des débitants de boissons et des restaurateurs alors que beaucoup d’autres professions ont souffert et souffrent encore des conséquences économiques du Covid, peut être qualifié d’irresponsable. Il est en effet démontré que les regroupements de personnes dont ceux constatés aux terrasses sans souvent respecter les gestes barrière sont parmi les facteurs de propagation du virus. N’y a t’il pas une forme de démagogie dans la décision prise de la mairie au seul profit d’une profession, sans tenir compte de l’avis des habitants et des riverains dont les témoignages sur les nuisances (notamment le bruit) conséquences de l’extension des terrasses sont légion ? La Maire ne peut l’ignorer ou alors, fort de sa réélection (avec un taux d’abstention de 63,31%, le plus élevé depuis 1977), elle n’écoute plus ses administrés et gère la ville de façon autocratique.
Voilà pourtant des années que sont dénoncées des orientations davantage destinées à favoriser les touristes et autres « nuitards » plus motivés par la fête que le respect des autres et de leur sommeil en particulier. Les contrôles relatifs au respect de la charte dont la presse relate les faits d’arme servent davantage la communication de la mairie. Chacun a pu constater qu’ils étaient peu efficaces, les horaires de fermeture étant fréquemment dépassés par des établissements peu scrupuleux…
Et puis il y a la question de l’anarchie dans l’aménagement de ses terrasses étendues. De nombreux cas de structures inesthétiques et inappropriées dans leur environnement nous ont été signalés. Chacun finalement agit à sa guise avec une indifférence et une impudence qui reflètent assez cette situation où on agit pour soi-même sans scrupule et sans ménager ni se préoccuper des conséquences pour les autres notamment les riverains. On ne vit pas hélas à Paris comme si on se trouvait sur une île déserte…! Même à Rodez, une ville privilégiée par l’ancien Maire de Paris, il importe de tenir compte de la tranquillité de ses voisins.
Non vraiment cette décision de pérenniser la multiplication effrénée des terrasses à la seule profession des débits de boissons, sans concertation avec les habitants-contribuables est à n’en pas douter un coup de force qui augure mal de la manière de conduire les affaires durant cette nouvelle mandature. Nous craignons le pire pour les Parisiens qui deviennent les spectateurs du fait accompli.
Il s’agit vraiment d’une autre façon d’envisager la démocratie. La Maire doit changer de braquet et se ressaisir si elle veut éviter la défiance à son encontre de tous les Parisiens et Parisiennes.
Article publié sur le site de par MARAIS-LOUVRE le 30 juillet 2020 Le conseil de défense écologique qui s’est réuni récemment à l’Elysées à grands renforts de publicité a repris une des mesures de la Convention citoyenne pour le climat à savoir l’interdiction de chauffer le terrasses des bars et restaurants fin 2021. La crise du Covid laisse un sursis pour les prochains mois, mais il est mis un terme à cette aberration qui consiste à chauffer l’air extérieur en pure perte tout en polluant, notamment les braseros au gaz qui émettent du CO2…
Des actions en justice avaient bien été tentées, y compris par la mairie de Paris, mais les plaignants ont été à chaque fois déboutés.
A Paris 12500 établissements seraient dotés de terrasses chauffées et selon l’ancien maire du 2e arrondissement » une seule terrasse chauffée de 12 m2 émet autant de Co2 qu’un 4×4 de type SUV qui roulerait 350 kilomètres chaque jour » ! Ces systèmes de chauffage se sont en fait développés lorsque les fumeurs ne pouvaient plus fumer à l’intérieur des établissements mais seulement en terrasse.
Les restaurateurs et les gérants de bars dénoncent cette décision prise sans concertation et demandent une négociation. Malgré les difficultés du secteur qui réalise 30% de son chiffre d’affaires en terrasses, il y a peu de chances que cette décision plébiscitée par tous soit remise en cause par les parlementaires, question de bon sens.
Très engagé aux côtés des innombrables victimes de la multiplication des bars avec terrasses ouvertes jusqu’à pas d’heure ou des établissements de nuit avec fumeurs dans la rue et fermeture à l’aube, un citoyen souhaite réagir à un passage de la revue de presse déroulée au petit matin du 23 juin 2020 sur France-Inter par le journaliste multicarte Claude Askolovitch. (voir encadré) Il s’insurge notamment contre un très malheureux rapprochement sémantique commis par le chroniqueur.
Dans le Parisien encore, on me parle d’un autre arrondissement, où ce n’est pas la mort qui indiffère mais la vie qui dérange, quelle étrangeté de lire que dans le XIe arrondissement, des riverains sont dérangés par les terrasses qui s’étalent depuis le déconfinement, ils ont pris un avocat pour les faire reculer… Le XIe arrondissement, c’était, rappelez-vous, l’arrondissement des terrasses attaquées avec le bataclan, et ces terrasses où nous étions retournés symbolisaient alors notre volonté de vivre… Dans le Parisien toujours, qui sent bien sa ville, on s’interroge sur le laisser aller dont nous ferions preuve face au covid 19, faut-il accuser les fêtards de la musique du canal saint-martin? La réponse est heureusement tempérée mais le débat dit un moment.
Je n’irai pas, Monsieur Askolovitch, jusqu’à vous reprocher, comme le fit un jour Philippe Val, l’ancien patron de Charlie Hebdo, de vouloir défendre l’indéfendable. Je me bornerai à vous accuser de légitimer ces fauteurs de trouble qui, selon votre point de vue, seraient du côté de la vie quand les victimes quotidiennes des tapages et ravages nocturnes seraient, elles, des auxiliaires de la mort. Plus exactement, de la mort des villes. C’est votre manière de cautionner des choix politiques en contradiction parfaite avec les textes, toujours brandis par les élus locaux mais presque jamais appliqués, ceux qui régissent l’exigence de « tranquillité publique ».
Voilà plusieurs décennies que les communicants des municipalités imposent aux esprits relâchés la fallacieuse menace d’une mort lente pour les villes où ne pulluleraient pas les établissements de nuit, où le dogme imbécile de « l’attractivité nocturne » ne serait pas érigé en nécessité absolue. Des villes où l’on aurait choisi de différencier le jour de la nuit et où une minorité de fêtards ne pourraient plus, parce que la loi l’interdit et qu’on la ferait respecter, priver une très large majorité d’habitants d’un droit fondamental : celui de dormir la nuit afin d’être en état de travailler ou de ne pas somnoler le jour.
Certes, votre propos semble ne concerner que les seules terrasses de bars ou restaurants qui, en effet s’étalent un peu partout depuis la fin du confinement, mais je ne suis pas certain que vous ayez bien mesuré, avec la rigueur de l’honnête journaliste que probablement vous croyez être, le problème que posent en termes de nuisances sonores ces multiples occupations du domaine public, cette permissivité accrue et les bruyants débordements que cela entraîne, et ce jusqu’à des heures impossibles.
Venons-en au parallèle que vous faites, Claude Askolovitch, entre la mort d’un homme sur un trottoir du Bois de Boulogne, dans l’indifférence des passants, des joggeurs et de bien d’autres humains. Un jeune homme de vingt ans aura tenté un massage cardiaque, crié à l’aide et seulement obtenu quelques regards embarrassés… La mort, dites-vous, « indiffère » dans le très bourgeois XVIe arrondissement de Paris. Mais dans le XIe, naguère peuplé d’ouvrier et d’employés aux revenus modestes, aujourd’hui majoritairement habité par les classes moyennes intellectuelles, dans ce secteur parisien c’est « la vie qui dérange », selon vous.
Voilà donc qu’une armada de riverains des nombreux bars et établissements de nuit qui grouillent dans ce quartier, comme dans tant d’autres à travers le continent, se déclarent « dérangés par les terrasses qui s’étalent depuis le déconfinement » ! Quel culot ! Ces riverains vont vraiment trop loin dans leur mécontentement puisque, grince notre Askolovitch « ils ont pris un avocat pour les faire reculer !!! (les terrasses, note de l’auteur). Et puis il ajoute, le journaliste, cette ahurissante et coupable précision : « Le XIe arrondissement, c’était, rappelez-vous, l’arrondissement des terrasses attaquées avec le Bataclan. Et ces terrasses où nous étions retournés symbolisaient alors notre volonté de vivre ».
Je ne sais ce que vous comprenez vous, amis ou ennemis lecteurs, mais pour ma part, j’ai nettement le sentiment que cet Askolovitch-là se soit livré à un assez sinistre rapprochement sémantique. Comparer des centaines de gens paisibles, qui ne réclament que le droit de dormir la nuit, aux effrayants tueurs de l’islam fanatique, voilà qui me paraît quand même très fort de café, nom d’une pipe ! Certes, nous vivons dans un pays réputé libre et on doit pouvoir y « faire la fête » …
Encore faudrait-il – et là c’est moi qui le rappelle – que ladite « fête » ne nuise pas à tous ceux, beaucoup plus nombreux que les fêtards, qui voudraient continuer d’habiter, donc de vivre, dans leur quartier. Encore faudrait-il aussi qu’il s’agisse bien de fête, c’est-à-dire d’un moment d’exception et pas d’une pratique quotidienne. La fête est l’arrivée du plaisir au terme d’une attente. Par essence, elle ne saurait être permanente. Si c’était le cas, cela relèverait d’un manque, donc d’une addiction. La fête est le moment attendu, celui qui doit rassembler le plus grand nombre autour des valeurs de partage, d’échange, de jubilation collective, sans autre enjeu que celui d’un collectif qui inclut. Un collectif qui ne se résignerait à exclure que lorsque la loi commune se trouverait menacée, voire transgressée, de manière violente. Une vraie fête évite le piège de la mainmise du commerce, qui en récupère à son profit les bénéfices en termes de solidarité et de joie partagée. Une fête qui, par ses débordements, détruit la liberté de ceux qui choisissent de ne pas en être, doit s’interroger sur sa légitimité quand elle ne réunit qu’une petite minorité.
Je termine en proposant à M. Claude Askolovitch de vérifier par l’immersion volontaire la pertinence de ma plaidoirie en faveur des innombrables victimes du vacarme nocturne quasi-permanent : venez passer quelques semaines dans un meublé touristique d’un des secteurs historiques de la place Gutenberg à Strasbourg, où l’industrie de la nuit a planté toute une ribambelle de bars fermant aux aurores, entraînant le désespoir et la fuite des populations installées depuis des lustres. Vous m’en direz peut-être des nouvelles. Sauf si la mauvaise foi dont j’ai quelques raisons de vous croire affligé devait vous conduire à nier ou à sous-estimer certaines évidences…
Daniel EHRET, ancien président du Centre Antibruit d’Alsace, membre de l’associationCalme Gutenberg de Strasbourg