Tweet du 8 avril (matin)

Mis à jour le 8 avril à 12h00
Notre titre originel du 5 avril était : saccageparis : 25 000 tweets en quelques jours. Trois jours plus tard le hashtag #saccageparis a été tweeté 165 000 fois de 21 000 comptes différents.
Difficile d’invoquer le complot politique. Les auteurs de ces tweets sont en grande majorité des associations de quartier et des Parisiens qui expriment tout simplement leur mécontentement. La municipalité parisienne doit les entendre.

18ème - 30 rue Muller 2
terrasse éphémère à l’abandon


En quelques jours, le hashtag #saccageparis est devenu viral et a été mentionné plus de 25 000 fois sur Twitter. L’objectif de son instigateur était de dénoncer “un Paris encrassé et enlaidi.” Il ajoute : “Je ne m’attendais pas à ce que cela prenne une telle ampleur. Mais je ne suis pas surpris. Je ne pouvais pas être le seul à être frappé par l’état de dégradation de la ville.

De très nombreux sites et journaux ont repris l’information : le Parisien, le HuffPost, Europe1, France3, le Monde, Ouest France, FranceBleu, le Figaro, BFM, Elle, Capital, MarianneTV, L’Opinion… Même le Stuttgarter Zeitung a publié un article au titre évocateur : Shitstorm in Paris. Mais aussi le Daily Mail, news.com.au (Australie), le New Zealand Herald, la BBC, RND (Allemagne), PL News (Pologne), TRT (Turquie), Euronews-Turquie, France24 (en anglais), RFI (en anglais), SkyNews, News18 (Inde), The Morning Bulletin (Australia), MalayMail (Malaisie), le New York Post, Watson (Suisse). Tous ces articles sont accompagnés de photos peu flatteuses montrant l’état de l’espace public parisien.

La propreté n’est pas le seul point mis en avant, mais plus largement le mauvais état de l’espace public parisien et les aménagements qui donnent un aspect délabré à certains quartiers. Le Réseau Vivre Paris! en faisait le constat avec les centaines de terrasses soi-disant éphémères, laissées à l’abandon et dont le signalement n’est suivi que de bien peu d’effet.

Le Parisien, toujours prompt à offrir ses colonnes à la Mairie de Paris a publié un article : #saccageparis: la mairie de Paris contre-attaque.

  • L’argumentaire de la mairie et de ses alliés est vraiment simpliste et n’est pas à la hauteur des attentes des Parisiens : 
  • La Ville subit sur Twitter une campagne de dénigrement en bonne et due forme, relayée par les réseaux militants de droite”, attaque la mairie de Paris. Ne pas être d’accord avec la Mairie de Paris c’est donc être de droite? C’est un peu court comme explication.
  • … la Ville, qui dit être « confrontée à des incivilités et à des problèmes de régulation de l’espace public comme toutes les autres grandes villes de France». C’est partout pareil, donc ce n’est pas notre faute.
  • Je me promène beaucoup dans Paris mais je n’ai pas l’impression que la ville est saccagée. Je vois des arbres en fleurs, des jardins entretenus et de nouvelles jardinières bordent l’avenue des Gobelins”, assure Jérôme Coumet, maire (DVD) du XIIIe, qui dénonce lui aussi une campagne orchestrée par des comptes proches de la droite et d’opposants à la maire de Paris. “Mais ce n’est pas cette une polémique à deux balles qui va la déstabiliser”. “Une polémique à deux balles“? Quel mépris dans la bouche d’un élu qui parle ainsi des Parisiens. Visiblement le maire du 13ème a besoin d’une nouvelle paire de lunettes puisqu’il ne voit que des fleurs et des jardins bien entretenus. De toute façon il est convaincu d’avoir raison.
  • Les Parisiens qui travaillent à l’extérieur mangent dans la rue car les restaurants et des bars sont fermés et il y a plus de saleté sur la voie publique. Selon le maire du 20ème, c’est la faute des gens qui travaillent et mangent dehors car les bars sont fermés. Il faudrait donc rouvrir les bars pour que Paris soit propre?
  • Les terrasses éphémères installées durant la période du premier déconfinement peuvent donner aujourd’hui une impression de laisser-aller, mais elles ont été très appréciées par les commerçants. Nous ne baissons pas les bras”, assure Eric Pliez, le nouveau maire (DVG) du XXe. Les terrasses éphémères à l’abandon, ce n’est qu’une impression selon la maire du 20ème. Pourtant plus de 600 signalements et de bien maigres résultats.
  • La mairie de Paris rappelle que l’application « dans ma rue » est « le meilleur moyen de signaler des problèmes de propreté ou des dépôts sauvages. Il y a plus de 100 000 utilisateurs actifs sur l’application. L’implication croissante des services et des opérateurs partenaires permet d’atteindre un taux de 40 % de signalements clôturés en 48 heures. Clôturés ne veut pas dire résolus comme le montre le grand nombre de terrasses à l’abandon toujours en place. Ce “service” marche très mal et ce n’est pas à cause du confinement. A titre d’exemple, pour certains tags il faut relancer 3 à 4 fois et même alerter l’adjointe en charge de la propreté Colombe Brossel pour que ces tags soient enlevés.

La Mairie de Paris ne pourra pas s’en tirer par une simple campagne de communication. Le déni n’a plus cours. Elle doit entendre les Parisiens.
Parler de campagne de dénigrement est un peu court et même méprisant vis à vis des milliers de Parisiens qui se sont mobilisés autour du hashtag #saccageparis

La Maire de Paris reste sourde à ça que les milliers de Parisiens lui disent. Sur RTL, la journaliste n’a parlé que de propreté alors que le problème soulevé par le hashtag #saccageparis est beaucoup plus vaste. Pour toute réponse Anne Hidalgo a parlé de “trumpisation“, de “proximité avec l’extrême-droite” et finalement “d’astrosurfing“.