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3 semaines de confinement puis on fait la fête

Article publié sur le site de Marais-Louvre
Nouvelle va-t-en-guerre, la première magistrate de Paris exerce son magister en donnant de plus en plus de directives au gouvernement (voir article précédent). Elle estime désormais qu’un confinement de 3 semaines des Parisiens devrait suffire à éradiquer la pandémie dans la capitale et ainsi, passé ce délai, permettrait de rouvrir tous les commerces fermés c’est-à-dire les bars, les restaurants et leurs terrasses. Une  façon subliminale de refaire cette fête à laquelle l’équipe municipale est tant attachée.

Cette manie simpliste d’envisager le retour à la normale n’est heureusement pas du goût du préfet qui a remis les choses au clair. Le contexte national de la Covid 19 est tel que personne aujourd’hui ne sait à quelle échéance la pandémie disparaîtra, sauf la Maire de Paris éclairée peut-être par son propre conseil scientifique ou mieux par le lobby des bars et restaurants à qui elle ne refuse rien.

Car dans le conscient collectif des « mairie-bars-restaurants-boîtes de nuit » Paris sans la fête ne serait plus Paris. Ce cliché passéiste est devenu encore plus déphasé avec la pandémie. Si le manque de lien social est le principal reproche fait à la Covid 19, la majorité des Parisiens aspire au calme, à une ville apaisée non pas seulement par les modes de déplacements dits « doux » mais par une qualité de vie où chacun serait respectueux de l’autre sous la bienveillance d’une équipe municipale au service de tous et non d’une seule corporation. Le nombre de Parisiens quittant la capitale n’est pas anodin et devrait faire réfléchir les élus ! 

D’ailleurs lorsque l’on parle confinement comme le fait la Maire de Paris, il faut être réaliste, malgré l’interdiction de se réunir des lieux de regroupement pourtant interdits existent où l’alcool coule à flot. Et l’on sait que pour l’après la mairie est à la recherche de 60 lieux de la capitale où « festoyer » quand la crise sera passée. Quelles nuits blanches en perspective pour les habitants dont on ne requiert même pas l’avis? 

Non, ces 3 semaines de confinement préconisées par Anne Hidalgo font partie de ses pirouettes dont elle a le secret et en l’occurrence qui n’a qu’un but, favoriser les alcooliers et la fiesta dans les rues de Paris. Les Parisiens ne supportent plus ce favoritisme et ses inconséquences !

Pseudo démocratie pour installer toujours plus de terrasses

Article publié sur le site de Marais-Louvre.
Sur le site paris.fr, sous le titre « Transformer les places de stationnement: nous voulons votre avis« , la mairie, en se prévalant des qualificatifs qui sont devenus les canons de sa communication (« ville plus apaisée, plus végétalisée, une ville humaine mieux adaptée à nos modes de vie et aux évolutions environnementales« ) affirme vouloir « redonner aux piétons et aux mobilités alternatives à la voiture individuelle, plus de place… » Pour ce faire l’équipe municipale a lancé une consultation et a mis en ligne un questionnaire.

Ce questionnaire entre dans le cadre de la croisade menée par la mairie de Paris contre l’automobile en « associant » cette fois les habitants à la quasi suppression ou presque des places de stationnement.

Rappelons que la pandémie due à la Covid a offert à l’équipe municipale, un véritable effet d’aubaine, par l’opportunité d’interdire la circulation automobile dans des rues en y aménageant au forceps des pistes cyclables sans aucune consultation des habitants et des commerçants impactés. Puis presque dans la foulée, et dans les mêmes conditions de diktat municipal, des terrasses « éphémères » ont été accordées gratuitement aux seuls cafetiers et restaurateurs. Ces nouvelles occupations privatives de l’espace public ont pour conséquence de condamner de nombreuses places de stationnement, de livraisons ou pour handicapés et limitent l’espace piétons. Le fil est gros, car au prétexte de « rendre aux piétons » l’espace public, l’actuelle consultation publique des habitants apparait bien comme un stratagème  pour pérenniser ces terrasses accordées aux bars et aux restaurants.   

Afin que l’illusion soit totale, le questionnaire en ligne fait apparaître une pléthore de possibilités d’occupation des plus hétéroclites de cet espace public « libéré », outre du mobilier urbain classique (des bancs, des conteneurs de tri sélectif, des composteurs, des bornes de charge électrique, des fontaines, des œuvres d’art, des jeux d’enfants, des tables de pique-nique, des boîtes à livres, des garde-mangers collectifs, des toilettes publiques, des bains de soleil (?), des consignes pour colis, des frigos solidaires ou des box à vélos), sont aussi proposés des arbres, des plantes, des mangeoires et des perchoirs pour oiseaux, des potagers urbain ou des hôtels à insectes.

Et parmi elles étonnamment, la terrasse de bar ou de restaurant

Tour de passe-passe, ce questionnaire est en réalité un habillage de la volonté ancienne et tenace de la mairie de favoriser les bars et les restaurants, en accroissant la possibilité d’étendre ou d’installer une terrasse malgré toutes les nuisances qui s’en suivent pour les riverains et les Parisiens et que nous ne cessons pas de dénoncer. Le tour de passe-passe est d’autant plus aisé que personne ne sera en mesure de contrôler qui a répondu électroniquement au questionnaire et à quel titre (Parisien ou non, de quel quartier?). La formulation des questions ne permet pas les nuances indispensables que supposeraient des réponses pertinentes car les quartiers parisiens sont d’une diversité ignorée. Curieusement, nos associations de quartier n’ont pas été informées du lancement de l’opération.

Si nous sommes conscients que les professionnels, en raison de la pandémie connaissent une période difficile comme beaucoup d’autres d’ailleurs, rien ne justifie en revanche ce favoritisme municipal qui leur est dédié. L’utilisation d’un questionnaire pour donner après coup une tonalité « participative » à une décision prise par quelques élus qui ne l’avaient pas inscrite dans leur programme de campagne électorale n’est pas convenable.

Terrasses et espace public : le Réseau Vivre Paris! assigne la Mairie en justice

Terrasse éphémère

Faute d’une politique de la Ville réellement soucieuse de protéger les parisiens victimes d’un usage non contrôlé de l’espace public mis au service de la « fête » et du tourisme de masse et après 10 ans de tentatives amiables pour trouver des solutions, l’association Réseau “Vivre Paris!” assigne la Mairie de Paris devant la juridiction administrative. 

Notre cause sera défendue par un avocat spécialisé en droit public, avec pour but de faire cesser les nombreuses dérives sur l’espace public dues aux excès de la politique « de la fête permanente » et du tourisme de masse de la Mairie de Paris:

  • autorisations abusives de terrasses accordées et renouvelées depuis des années en violation du règlement parisien des étalages et terrasses;
  • autorisations et prolongation jusqu’en juin 2021 des terrasses « éphémères » sans fondement juridique sur simple déclaration unilatérale de l’exploitant;
  • absence de sanctions pour le non-respect de la charte qui accompagnait les extensions de terrasses éphémères;
  • absence quasi totale de contrôles efficaces concernant les limites de l’occupation autorisée et les tapages en terrasses, l’encombrement des trottoirs, la malpropreté, les mauvaises odeurs (épanchements d’urine) etc…;
  • absence de véritables sanctions envers les exploitants, même notoirement récalcitrants.

Cette mauvaise gestion de l’espace public par la Mairie est responsable de la forte augmentation des nuisances sonores et des entraves au cheminement des piétons maintes fois dénoncées par les associations de riverains. 

Paris 6ème

Sans considération des risques sur la santé des Parisiens (manque de sommeil et toutes ses conséquences) reconnus par le milieu médical, la Mairie de Paris veut pérenniser, dès 2021, les terrasses « éphémères ». Comme la loi vient de conférer la tranquillité publique sous la seule responsabilité de la Mairie, nous redoutons donc le pire.

L’association « Réseau Vivre Paris ! » aux côtés des associations de quartier qui en sont membres, a longtemps dialogué avec la Ville avec dévouement et persévérance pour tenter de faire évoluer les choses. 

Face au constat d’échec des multiples « concertations » avec la Ville dont la politique s’avère plus animée par le souci de communiquer que par une volonté de gestion rigoureuse et responsable, l’association « Réseau Vivre Paris ! » se résout aujourd’hui à saisir la juridiction administrative pour obtenir que la Mairie assume ses responsabilités et use réellement de ses pouvoirs pour faire respecter ses propres règlements.

L’association « Réseau Vivre Paris ! » fait appel aux associations, collectifs d’habitants, copropriétés, Parisiennes et Parisiens concernés pour soutenir financièrement cette action.

Participation financière au recours

Plus de détails sur notre action en justice 

Mme Hidalgo se paie-t-elle la tête des Parisiens ?

Sur le site du JDD, Anne Hidalgo, Maire de Paris, persiste et signe à nouveau au point que l’on doit de s’interroger : et si la Maire de Paris se payait la tête des Parisiens ? 

Comment ne pas le penser quand on lit que d’un côté elle tacle ceux qui la critiquent pour les décisions unilatérales qu’elles a prises dans la gestion de la crise sanitaire à Paris en les dénonçant comme « des détracteurs prompts à chercher des coupables« , alors que, quelques lignes plus loin dans le même article elle rejette toutes les fautes sur la gestion nationale de la crise : « Si le gouvernement s’y était pris autrement depuis la mi-mai, s’il avait mieux géré la crise, on ne serait probablement pas dans cette situation« .

Comment peut-elle avoir un tel aplomb face à la question du journaliste : « Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent d’avoir prolongé l’ouverture des terrasses éphémères, arguant qu’elles ont pu être un facteur de propagation du virus? ». Elle répond en effet : « Les terrasses éphémères ont permis non seulement aux restaurateurs de rester à peu près à flot cet été et de retrouver quelques marges de manœuvres, mais elles ont aussi égayé la ville. Elles perdureront donc gratuitement, sans redevance, jusqu’en juin 2021. Il y a toujours des détracteurs prompts à chercher des coupables. Je pense au contraire que les Parisiens, les Parisiennes, les jeunes ont fait preuve d’une grande responsabilité. Ils ont été exemplaires. »

Comme l’a écrit une « Parisienne effarée » dans un commentaire sur notre site : Mme Hidalgo devient trumpienne dans ses argumentaires. Les terrasses éphémères ont été un franc succès avec des jeunes exemplaires (puisqu’elle l’affirme, cela devient vrai). Tout ce que les Parisiens ont vu : fake news. Les terrasses bondées bien au delà de 22h : fake news. Des groupes de jeunes (et moins jeunes) debout à touche touche sans masque, passablement alcoolisés et ne respectant pas les gestes barrières et les règles de distanciation : fake news.

Mme la Maire de Paris semble ne pas s’intéresser à ce que les Parisiens lui disent depuis des mois à propos des terrasses éphémères (et depuis des années à propos de la mauvaise gestion des terrasses autorisées dans de nombreux quartiers). 

Le Réseau Vivre Paris! souhaite porter à la connaissance de Mme Hidalgo, Maire de Paris, un outil qui permet de cartographier les terrasses éphémères (et les autres) que le Collectif Nuisances Sonores du Centre de Paris a mis en place. (voir le mode d’emploi)

Photos et vidéos de signalements des riverains ont été placées sur la cartographie depuis 3 mois. Chaque signalement #balancetonbar fait en temps réel renvoie vers le tweet correspondant et contient photo(s) et/ou une vidéo(s). Et lorsque le lieu a fait l’objet de signalements multiples il contient le lien des différents tweets. Nous (Mme Hidalgo compris) disposons donc via #balancetonbar et via la cartographie d’un vivier de photos et de vidéos largement utilisable ainsi que les témoignages correspondants.

Le Réseau Vivre Paris! se sent d’autre part dans le devoir de rappeler à la Mme la Maire de Paris la cartographie accessible à tous des nuisances sonores enregistrées par des capteurs Buitparif (les « Méduses« ). Les moyens accordés par la Ville à ces dispositifs restent modestes, ce qui fait que la cartographie « Méduses » est très peu représentative de la multiplicité des sites où les bars remplissent les nuits de décibels. Mais les données recueillies sont édifiantes (voir les mesures prises à la Butte aux Cailles). 

Mme Hidalgo semble ignorer (ou feindre d’ignorer) ce qui se passe à Paris. Isolée dans son vaste bureau, ses troupes ne lui remontent plus ce qui se passe véritablement sur le terrain mais seulement ce qui flatte son ego !

Mme la Maire, les Parisiens ne vous disent vraiment pas merci

Sur le site de Libération le 29 septembre, la Maire de Paris s’était montrée critique envers les mesures prises à l’époque par le gouvernement (le couvre-feu). Elle déclarait : « Je ne pense pas que les mesures concernant la fermeture des bars après 22h soit une mesure pertinente. D’abord elle est difficile à comprendre : en quoi va-t-elle vraiment limiter la diffusion du virus ? »

Pourtant, le rôle de la fréquentation des bars et cafés dans le processus de contamination ne pouvait pas être méconnu. Le Monde avait, le 13 septembre, publié un article éloquent intitulé: « Covid-19 : selon une étude, la fréquentation des restaurants et bars est une situation à risque d’infection« , dans lequel on pouvait lire : « les cas positifs ont déclaré 3,9 fois plus souvent que les individus non infectés par le coronavirus être allé dans un bar ou un café.« 

Graphique illustrant les facteurs de risques de propagation du covid-19

Et pourtant… Mme Hidalgo,  rêvant d’un Paris transformé en terrasse de café géante dominant Paris (voir son tweet), a donné la priorité à l’activité des terrasses de bars (celles qui étaient déjà autorisées et de nouvelles présentées alors comme « éphémères »). Elle avait certes annoncé des contrôles. Mais elle ne les a pas organisés à proportion des besoins et s’il y en a eu, ils sont manifestement restés inopérants et insuffisants. Tout le monde a pu le constater : dans de très nombreux bars ou sur leurs terrasses qui, dans certains cas, ont occupé des rues entières, le masque n’était pas porté par le personnel, la promiscuité était de règle au moins en soirée, les gestes barrières étaient oubliés du fait de l’alcoolisation des consommateurs (il y a eu des exceptions, mais seulement des exceptions hélas). Bref, toutes les conditions étaient réunies pour favoriser la circulation du virus.

Quant à la Nuit Blanche, Mme Hidalgo a décidé de la maintenir alors même que les manifestations sur la voie publique étaient interdites. Des milliers de personnes se sont ainsi retrouvées dans les rues de Paris et (encore et toujours) dans les bars, favorisant la circulation du virus. La Maire de Paris s’est même autocongratulée sur Twitter.

Aujourd’hui, face au reconfinement, Mme Hidalgo persiste dans la critique de l’action du gouvernement : « Il aurait sans doute été possible de faire différemment, mieux structurer par exemple la stratégie de tests à la sortie du précédent confinement ou à la rentrée, fin août début septembre comme nous l’avions proposé, pour mieux anticiper et éviter cette deuxième vague  » (Le Parisien du 29 octobre). La faute du gouvernement, encore et toujours. Dans une stratégie de compétition électoraliste, la Maire de Paris est muette sur ses propres fautes dont on ne peut pas imaginer qu’elle ne les voie pas.  Il est clair que Mme Hidalgo n’est pas une adepte de l’autocritique. Ainsi elle aurait pu déclarer : « Il aurait sans doute été possible de faire différemment, ne pas autoriser les terrasses éphémères, fermer les bars dès 22h00, ne pas organiser la Nuit Blanche, pour mieux anticiper et éviter cette deuxième vague. » Qu’en pensent les élus parisiens de tous bords ?

Communiqué de presse du Collectif Rendeznousparis

Le Collectif Rendeznousparis a publié un communiqué de presse le 8 octobre en réponse aux mesures annoncées par la Mairie de Paris. Ce collectif se félicite de la tenue de la réunion du 28 septembre qui est loin d’avoir répondu à ses attentes à long terme.

En tant que citoyens, les signataires appellent la ville à se reprendre et lui demandent de :
–  restituer à brève échéance une tranquillité publique malmenée de longue date du fait de ses choix du « tout terrasse » et de son inaction à en empêcher les débordements ;
–  assurer sans délai l’application effective des règlements et des chartes qu’elle édicte ;
–  sanctionner pour ce faire les manquements graves ou récurrents par des retraits effectifs d’autorisations ;
–  sanctionner ainsi les exploitants irrespectueux de leur environnement tout en récompensant ceux qui le respectent ;
–  repenser plus généralement la place des terrasses des cafés, bars et restaurants dans le domaine public parisien, dans une perspective de respect de la tranquillité, de la santé, de la circulation et du stationnement de tous, pour que la liberté de certains n’entraine pas le confinement de ceux qui voisinent ou qui ont besoin de se déplacer ;
–  d’engager sans délais, en pleine concertation, dans le cadre du PLU, une politique volontariste de régulation des bars et restaurants. Elle devra comprendre un arrêt de la croissance exponentielle et une meilleure répartition territoriale de ces activités, conformément aux principes de la « ville du quart d’heure » et de l’économie circulaire ;
– renoncer tant qu’il est encore temps à l’inquiétante trajectoire adoptée depuis trop longtemps d’un Paris vendu à la fête sans limite en extérieur, à l’alcoolisation massive, a u x comportements antisociaux encouragés par des exploitants nouveaux hérauts du Paris de la nuit, déresponsabilisés des comportements qu’ils suscitent et des souffrances qu’ils entrainent.

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