Mme la Maire les Parisiens ne vous disent pas merci

Mis en avant

Article mis à jour le 19 septembre
Mme la Maire de Paris a pris la décision sans aucune concertation d'offrir l'espace public aux bars pour y étaler leurs terrasses, et ce en dehors de tout cadre juridique ou réglementaire : le fait du prince en quelque sorte.
Depuis la mi-mai, le sommeil des Parisiens et le déplacement des piétons ont été sacrifiés pour satisfaire le lobby des bars et des marchands d'alcool. De plus le non respect sur ces terrasses des mesures barrières mises en place par le gouvernement posent un risque de santé publique : terrasses bondées, non-respect de la distanciation...
Est-ce vraiment une décision responsable? Est-ce vraiment ce que "les Parisiens ont clairement choisi" comme le déclare péremptoirement la Maire de Paris?
Dans ce même entretien elle déclare : "Sur les aménagements réalisés pendant le confinement, nous souhaitons aussi pérenniser les terrasses installées par les restaurateurs." Le cauchemar des Parisiens va donc lui aussi être pérennisé. L'argument soi-disant économique selon lequel les bars ont souffert (comme tant d'autres) de la crise sanitaire et qu'ils méritent une aide (comme tant d'autres) ne tient plus. Il ne s'agit plus d'une aide passagère mais d'un gigantesque cadeau fait à une profession sur le dos des Parisiens et au mépris de leur santé.


Un article du Figaro Magazine du 14 août résume parfaitement la situation : L'extension des terrasses des cafés et restaurants sème la zizanie dans les villes.

Nous ne pouvons qu'être d’accord avec ce que dit le DG de pro tourisme: “La contrepartie de la liberté c’est le contrôle : les villes doivent se donner les moyens de faire respecter les limites de l’autorisation en termes d’horaires, de surface, de musique, etc… Que les polices municipales patrouillent!”
Exactement ce qui ne se passe pas à Paris. Et pourtant la Maire de Paris a une police municipale à sa disposition.


Plus de 80 de témoignages anonymisés... D'autres sur notre compte Twitter et sur notre page Facebook.
Aucun quartier de Paris n'est épargné par ces nuisances comme le montrent ces témoignages.


19/09
De : MC
Sujet : Terrasses rue Montmartre et ses conséquences
J'habite rue Montmartre et en bas de chez moi 4 cafes avec terrasses ouvertes à partir de 18h. 
Est ce normal qu à 1 h 30 du matin les consommateurs soient encore avec leurs verres à la main et parlent et rient fort comme s ils étaient seuls au monde?
Et cette nuit du vendredi 18 au samedi 19 septembre 2020 un groupe de 8 personnes assis sur un banc avec des cannettes et des verres tenait une discussion animée avec rire et éclats de voix devant la boutique COS jusqu'à à plus de 4 h du matin. Par cette chaleur impossible d'ouvrir les fenêtres. 
Pourtant à moins de 200 mètres il y a une permanence de la police municipale. Que faut il faire appeller la police chaque nuit ? Pourtant... 
Les terrasses rue Montmartre ont toujours été bruyantes les pires Le tambour ouvert 7j/7 et 24h/24 et le Cœur fou tables hautes à l'extérieur jusqu'à 2/3 heures. Nous sommes loin des 22 h autorisées par la mairie. Mais depuis la possibilité d'agrandissement des terrasses c'est infernal. 
Déjà le quartier a perdu près de 4000 mille habitants.... Faut il fuir Paris pour pouvoir dormir ou tout simplement vivre avec un peu de sérénité dans la capitale ? 
Merci pour ce que vous pourrez faire. 


17/09
De : MG
Sujet : Bar/terrasse bruyante la nuit
Le bar/pizzeria le Pizzu rue Beranger ne respecte pas ses horaires de fermeture et reste ouvert Jusqu’à 2h/3h/4h du matin 
Avec la terrasse  maintenant c’est vraiment devenu impossible de dormir! 
La police ne répond meme pas au telephone quand on appelle la nuit...


17/09
De : EV
Sujet : Nuisances sonores dans le 15, rue d'Alleray
2 bars ont une clientèle très bruyante. Fenêtres fermées et  rien y fait.
Aucun respect du voisinage, et cela 7 jours sur 7 jusqu’à 2 heures du matin. Avec les terrasses éphémères les bruits s'amplifient.
Les mesures barrières et la distanciation ne sont absolument pas respectée.
Consommer de l'alcool debout sur le trottoir en face d'un bar à 20 cm de personnes protège du Covid . Désolé mais je comprends plus pourquoi je dois porter un masque?


De : VM
Sujet : bruits restaurant
J'habite à Paris 17ème et une pizzeria/restaurant a ouvert ses portes dans la rue où j'habite. Les anciens propriétaires étaient respectueux, mais là ce n'est plus le cas.
Des anniversaires tous les jours, ils ont décidé de mettre des tables devant un parking de stationnement, des jeunes qui crient à minuit et 1h du matin.
Mes enfants qui n'arrivent pas à dormir, ma fille qui part au collège très fatiguée, je pars travailler fatiguée. En plus de ça pour coroner le tout, les travaux qui commencent à 6h30 du matin, impossible de se reposer.  
Que peux-je faire? Moi je n'en peux plus. Je travaille dans un hôpital et j'ai besoin de repos, je suis à bout et mes enfants aussi.
Au secours....


16/09
De : BO
Sujet : Terrasse covid au delà de 22h
Depuis plusieurs jours le café le 39 situé au 39 rue Beaubourg 75003 Paris ne respecte plus l’heure de fermeture de la terrasse covid. Le 11/09 elle était encore pleine à minuit 20. Le 16/09 à 23h, elle est toujours pleine malgré un appel au propriétaire et à la police.


16/09
De : CB
Sujet : Le Kamer Paris 75010
Je tiens à vous signaler que depuis de nombreux mois (et cela n’a fait qu’empirer avec l’élargissement de leur terrasse), le restaurant Le Kamer situé au 15 rue de Saint Quentin Paris 10e attire une foule de personnes généralement avinées et qui parlent très fort, crient, et dont les conversations dégénèrent régulièrement en disputes assourdissantes pour le voisinage, tout cela tard le soir (souvent après minuit passé), et ceci quasiment toute la semaine ! Cette situation n’a que trop duré pour des habitants déjà lassés par la saleté et les incivilités propres au quartier de la Gare du Nord ! J’ai écrit à Philomène Juillet de la mairie de Paris, mais elle fait la sourde oreille ! Mes voisins s’en plaignent, on n’en peut plus !


Curieuse proposition de la mairie faite aux contrevenants aux règles de location touristique

Mis en avant

 

Article publié sur le site de MARAIS-LOUVRE le 29 juillet 2020

Curieuse proposition que celle faite par la ville de Paris par la voix de l’adjoint en charge du logement? Il est proposé aux loueurs en location touristique illégaux de revenir dans la légalité en louant leur bien selon un bail classique à 3 ans avec un loyer inférieur de 20% au prix réglementé du marché. Les 281 propriétaires, assignés par la mairie suite à des contrôles ayant révélé des locations illicites sur les plates-formes de location touristique, verraient ainsi les poursuites engagées contre eux abandonnées. Cette proposition devrait aussi être faite aux propriétaires enregistrés et en règle qui ne louent pas leur résidence principale. 

Les conséquences du Covid sont importantes pour ceux qui attendent des revenus des locations touristiques puisque les réservations en juillet et en août ont chuté de 75%!  La mairie cherchent ainsi dans ce contexte à « récupérer » les 30 000 logements qui ont quitté le giron de la location classique. 

Mais est-ce la bonne façon de procéder ? 

La méthode est pour le moins surprenante et à n’en pas douter elle risque d’inciter davantage de loueurs à s’installer dans l’irrégularité puisqu’en cas de poursuite suite à un contrôle, une amnistie est finalement possible. En fait la manœuvre est plus « subtile » qu’il y paraît. La « clémence » de la mairie à l’égard des contrevenants est une ficelle qui anticipe une décision attendue de la Cour de Justice européenne, reportée pour cause de Covid, et qui pourrait remettre en cause les fondements du texte limitant les locations de courtes durées impliquant un changement d’usage des locaux considérés. C’est-à-dire la transformation pour le louer en location saisonnière d’un local commercial d’une surface équivalente en un local habitable ou le rachat de cette commercialité, pour préserver l’équilibre entre habitat et activité économique. 

Il y a quelque temps déjà en effet, la Cour de Cassation a saisi la juridiction européenne afin de savoir si le système de compensation imposé aux propriétaires n’était pas contraire à une directive européenne dite directive service qui protège la liberté d’établissement des prestataires.

Bien que la décision de la Cour ne soit pas connue et elle ne le sera pas avant plusieurs mois, les instances engagées par la mairie de Paris à l’encontre des propriétaires en infraction sont gelées et pour éviter un éventuel camouflet la mairie essaie pas ce biais de solder ses dossiers. Mais beaucoup de propriétaires vont ils  suivre cette proposition? Pour notre part l’important est de réglementer de manière plus sévère les locations touristiques ainsi que nous l’avons récemment souligné en prenant notamment l’exemple d’Amsterdam qui a interdit celles-ci dans son centre historique.  Un exemple que souhaitent voir suivi les habitants des arrondissements du centre de Paris, mais la mairie a-t-elle envie de les écouter alors qu’elle les a ignorés pour l’extension des terrasses ?

La fin programmée des chauffages des terrasses des bars et restaurants

Mis en avant

Article publié sur le site de par MARAIS-LOUVRE le 30 juillet 2020
Le conseil de défense écologique qui s’est réuni récemment à l’Elysées à grands renforts de publicité a repris une des mesures de la Convention citoyenne pour le climat à savoir l’interdiction de chauffer le terrasses des bars et restaurants fin 2021. La crise du Covid laisse un sursis pour les prochains mois, mais il est mis un terme à cette aberration qui consiste à chauffer l’air extérieur en pure perte tout en polluant, notamment les braseros au gaz qui émettent du CO2…

Des actions en justice avaient bien été tentées, y compris par la mairie de Paris, mais les plaignants ont été à chaque fois déboutés.

A Paris 12500 établissements seraient dotés de terrasses chauffées et selon l’ancien maire du 2e arrondissement  » une seule terrasse chauffée de 12 m2 émet autant de Co2 qu’un 4×4 de type SUV qui roulerait 350 kilomètres chaque jour » ! Ces systèmes de chauffage se sont en fait développés lorsque les fumeurs ne pouvaient plus fumer à l’intérieur des établissements mais seulement en terrasse.

Les restaurateurs et les gérants de bars dénoncent cette décision prise sans concertation et demandent une négociation. Malgré les difficultés du secteur qui réalise 30% de son chiffre d’affaires en terrasses, il y a peu de chances que cette décision plébiscitée par tous soit remise en cause par les parlementaires, question de bon sens.

Claude Askolovitch, journaliste à France Inter, et le terrorisme des victimes !

Mis en avant

Très engagé aux côtés des innombrables victimes de la multiplication des bars avec terrasses ouvertes jusqu’à pas d’heure ou des établissements de nuit avec fumeurs dans la rue et fermeture à l’aube, un citoyen souhaite réagir à un passage de la revue de presse déroulée au petit matin du 23 juin 2020 sur France-Inter par le journaliste multicarte Claude Askolovitch. (voir encadré) Il s’insurge notamment contre un très malheureux rapprochement sémantique commis par le chroniqueur.

Dans le Parisien encore, on me parle d'un autre arrondissement, où ce n'est pas la mort qui indiffère mais la vie qui dérange, quelle étrangeté de lire que dans le XIe arrondissement, des riverains sont dérangés par les terrasses qui s'étalent depuis le déconfinement,  ils ont pris un avocat pour les faire reculer... Le XIe arrondissement, c'était, rappelez-vous, l'arrondissement des terrasses attaquées  avec le bataclan, et ces terrasses où nous étions retournés symbolisaient alors notre volonté de vivre...
Dans le Parisien toujours, qui sent bien sa ville, on s'interroge sur le laisser aller dont nous ferions preuve face au covid 19, faut-il accuser les fêtards de la musique du canal saint-martin? La réponse est heureusement tempérée mais le débat dit un moment.

Je n’irai pas, Monsieur Askolovitch, jusqu’à vous reprocher, comme le fit un jour Philippe Val, l’ancien patron de Charlie Hebdo, de vouloir défendre l’indéfendable. Je me bornerai à vous accuser de légitimer ces fauteurs de trouble qui, selon votre point de vue, seraient du côté de la vie quand les victimes quotidiennes des tapages et ravages nocturnes seraient, elles, des auxiliaires de la mort. Plus exactement, de la mort des villes. C’est votre manière de cautionner des choix politiques en contradiction parfaite avec les textes, toujours brandis par les élus locaux mais presque jamais appliqués, ceux qui régissent l’exigence de « tranquillité publique ». 

 Voilà plusieurs décennies que les communicants des municipalités imposent aux esprits relâchés la fallacieuse menace d’une mort lente pour les villes où ne pulluleraient pas les établissements de nuit, où le dogme imbécile de « l’attractivité nocturne » ne serait pas érigé en nécessité absolue. Des villes où l’on aurait choisi de différencier le jour de la nuit et où une minorité de fêtards ne pourraient plus, parce que la loi l’interdit et qu’on la ferait respecter, priver une très large majorité d’habitants d’un droit fondamental : celui de dormir la nuit afin d’être en état de travailler ou de ne pas somnoler le jour.

Certes, votre propos semble ne concerner que les seules terrasses de bars ou restaurants qui, en effet s’étalent un peu partout depuis la fin du confinement, mais je ne suis pas certain que vous ayez bien mesuré, avec la rigueur de l’honnête journaliste que probablement vous croyez être, le problème que posent en termes de nuisances sonores ces multiples occupations du domaine public, cette permissivité accrue et les bruyants débordements que cela entraîne, et ce jusqu’à des heures impossibles.

Venons-en au parallèle que vous faites, Claude Askolovitch, entre la mort d’un homme sur un trottoir du Bois de Boulogne, dans l’indifférence des passants, des joggeurs et de bien d’autres humains. Un jeune homme de vingt ans aura tenté un massage cardiaque, crié à l’aide et seulement obtenu quelques regards embarrassés... La mort, dites-vous, « indiffère » dans le très bourgeois XVIe arrondissement de Paris. Mais dans le XIe, naguère peuplé d’ouvrier et d’employés aux revenus modestes, aujourd’hui majoritairement habité par les classes moyennes intellectuelles, dans ce secteur parisien c’est « la vie qui dérange », selon vous.

Voilà donc qu’une armada de riverains des nombreux bars et établissements de nuit qui grouillent dans ce quartier, comme dans tant d’autres à travers le continent, se déclarent « dérangés par les terrasses qui s’étalent depuis le déconfinement » ! Quel culot ! Ces riverains vont vraiment trop loin dans leur mécontentement puisque, grince notre Askolovitch « ils ont pris un avocat pour les faire reculer !!! (les terrasses, note de l’auteur). Et puis il ajoute, le journaliste, cette ahurissante et coupable précision : « Le XIe arrondissement, c’était, rappelez-vous, l’arrondissement des terrasses attaquées avec le Bataclan. Et ces terrasses où nous étions retournés symbolisaient alors notre volonté de vivre ». 

Je ne sais ce que vous comprenez vous, amis ou ennemis lecteurs, mais pour ma part, j’ai nettement le sentiment que cet Askolovitch-là se soit livré à un assez sinistre rapprochement sémantique. Comparer des centaines de gens paisibles, qui ne réclament que le droit de dormir la nuit, aux effrayants tueurs de l’islam fanatique, voilà qui me paraît quand même très fort de café, nom d’une pipe ! Certes, nous vivons dans un pays réputé libre et on doit pouvoir y « faire la fête » … 

Encore faudrait-il – et là c’est moi qui le rappelle – que ladite « fête » ne nuise pas à tous ceux, beaucoup plus nombreux que les fêtards, qui voudraient continuer d’habiter, donc de vivre, dans leur quartier. Encore faudrait-il aussi qu’il s’agisse bien de fête, c’est-à-dire d’un moment d’exception et pas d’une pratique quotidienne. La fête est l’arrivée du plaisir au terme d’une attente. Par essence, elle ne saurait être permanente. Si c’était le cas, cela relèverait d’un manque, donc d’une addiction. La fête est le moment attendu, celui qui doit rassembler le plus grand nombre autour des valeurs de partage, d’échange, de jubilation collective, sans autre enjeu que celui d’un collectif qui inclut. Un collectif qui ne se résignerait à exclure que lorsque la loi commune se trouverait menacée, voire transgressée, de manière violente. Une vraie fête évite le piège de la mainmise du commerce, qui en récupère à son profit les bénéfices en termes de solidarité et de joie partagée. Une fête qui, par ses débordements, détruit la liberté de ceux qui choisissent de ne pas en être, doit s’interroger sur sa légitimité quand elle ne réunit qu’une petite minorité. 

Je termine en proposant à M. Claude Askolovitch de vérifier par l’immersion volontaire la pertinence de ma plaidoirie en faveur des innombrables victimes du vacarme nocturne quasi-permanent : venez passer quelques semaines dans un meublé touristique d’un des secteurs historiques de la place Gutenberg à Strasbourg, où l’industrie de la nuit a planté toute une ribambelle de bars fermant aux aurores, entraînant le désespoir et la fuite des populations installées depuis des lustres Vous m’en direz peut-être des nouvelles. Sauf si la mauvaise foi dont j’ai quelques raisons de vous croire affligé devait vous conduire à nier ou à sous-estimer certaines évidences…

Daniel EHRET, ancien président du Centre Antibruit d’Alsace, membre de l’association Calme Gutenberg de Strasbourg