Le Cabaret Sauvage ou la prime à l'impunité

Depuis 2012, l'Association des Riverains du Parc de la Villette a entrepris de nombreuses actions contre le Cabaret Sauvage, responsable depuis 2004 d'intolérables nuisances sonores. La Préfecture de Police a effectué plusieurs relevés acoustiques à charge sans qu'aucun procès-verbal ne soit dressé. Pourtant, les inspecteurs du Bureau d’Action Contre les Nuisances* ont rédigé 4 rapports détaillant les irrégularités de l'installation acoustique de cet établissement.

                        - le 20/04/2016," La Préfecture demande au responsable, Monsieur AzaÏche, de se conformer dans un délai d'un mois aux dispositions des articles R571-25 à R571-30 du Code de l'environnement et de se conformer à l'article R571-29, à savoir réaliser une étude de l'impact des nuisances sonores dans l'environnement immédiat".

                        - le11/10/2016 : "Rappel au responsable du Cabaret de la nécessité de respecter dans un nouveau délai de 5 jours les dispositions des articles R571-25 à R571-30. A défaut, un PV d'infraction à cette réglementation pourra être dressé à son encontre."

                        - le 12/06/2017, "le Cabaret Sauvage informe les Inspecteurs qu'une étude d'impact acoustique était prévue par le cabinet ALTIA. Cette étude devra être communiquée dans les 2 mois aux services de la Préfecture".

                        - le 15/04/2018 : "conformément à l'article 571-29 du code de l'environnement, le mis en cause est tenu de réaliser l'étude de l'impact des nuisances sonores sur l'environnement immédiat de son établissement".

Actuellement, la Préfecture n'a toujours pas sanctionné ce refus de se soumettre à cette obligation légale.

Elle ne semble pas davantage se préoccuper des graves atteintes à la santé des riverains qui, pourtant, ont envoyé de multiples plaintes (212 en 6 ans pour l'un d'entre eux) puisqu'elle se borne à la réponse standard : "Vos signalements ont bien été pris en compte. Vous serez tenus informés de la suite qui sera réservée à ce dossier".

Nous avons donc adressé un courrier (en recommandé avec accusé de réception) à Mme Camilieri au Cabinet du Préfet de Police pour lui demander de bien vouloir diligenter une enquête afin de déterminer les raisons de la surprenante mansuétude dont bénéficie Monsieur Azaïche.

A ce jour, aucune réponse.

Par ailleurs, nous avons appris avec indignation par la Presse qu'une subvention avait été attribuée au Cabaret sauvage par la Mairie de Paris et le Conseil Régional d'Ile de France pour "mise en conformité de son installation sonore".

Est-il concevable que les impôts des riverains-victimes soient utilisés à la rénovation d'un établissement PRIVEresponsable d'un scandale de santé public? C'est la question que nous avons posée à Madame Hidalgo et à Madame Pécresse.

Dans sa réponse, la Maire de Paris assure "qu'en finançant notamment les travaux d'insonorisation et de mise aux normes des lieux de diffusion des musiques actuelles, ici le Cabaret Sauvage, la Ville prend en compte le respect et la tranquillité de tous les habitants".

Ainsi formulée, cette décision d'une habileté tortueuse ne peut faire que des émules : j'ouvre un lieu musical avec l'alibi culturel sans me soucier de l'environnement immédiat, je crée des nuisances, les riverains se plaignent, j’obtiens des subventions!!! 

Nous attendons toujours la réponse de Madame Pécresse...

 Association des Riverains du Parc de La Villette (membre du Réseau Vivre Paris!)

 Madame Bérenger, présidente.

* service qui dépendait de la Préfecture de Police mais dépend désormais de la Mairie de Paris

Le Réseau Vivre Paris! reçu à la Préfecture de Police de Paris

Mis en avant

Des représentants de cinq associations du Réseau « Vivre Paris ! (ADDM 18, 60 millions de piétons/ ex Droits du piéton, Les Riverains de la Butte aux Cailles, Les Riverains du Parc de la Villette, et l'ANSCEP (Association du Nouveau Secteur Centre de Paris) se sont rendues à la Préfecture le 23 avril.
Elles ont été reçues pendant 2 heures par : M. Garrigue-Guyonnaud, Sous-Préfet Directeur Adjoint du Directeur de Cabinet du Préfet de Police, M. Le Borgne, Contrôleur Général des Services de Police, Mme Clair, Attachée principale d’Administration au Cabinet.

La discussion a montré une convergence de vues entre les associations et la Préfecture sur les objectifs à poursuivre, les points de vue s’éloignant parfois s’agissant de certaines modalités des actions préfectorales.

M. le Sous-Préfet s’est, en effet, attaché, textes à l’appui, à présenter le panel très large des compétences préfectorales en matière de tranquillité et d’ordre public, même après la récente réforme qui a accru les pouvoirs de la ville en la matière. Il a insisté sur la persévérance des actions, en mettant l’accent sur le fait qu’une proportion non négligeable de dossiers de fermeture administrative est, au moins partiellement, étayée par des constatations de tapages nocturnes. Il a fait remarquer que les arrêtés de fermeture ne sont presque jamais annulés, malgré les nombreuses tentatives de recours judiciaires des établissements visés.

Il a aussi été indiqué que les échanges entre les services de la police préfectorale et ceux de la police municipale (DPSP) sont de mieux en mieux organisés dans une optique de collaboration fructueuse. Continuer la lecture

Signaler une nuisance sonore provenant d'un local professionnel

Mis en avant

La loi du 28 février 2017 relative au statut de Paris et à l'aménagement métropolitain prévoit une nouvelle répartition des compétences entre la Ville de Paris et le Préfet de Police :
A compter du 1er juillet 2017, les signalements en matière de nuisances sonores et olfactives devront être adressés à la Ville de Paris (et non plus à la Préfecture de Police) :
Direction de la prévention, de la sécurité et de la protection
Sous-direction de la tranquillité publique
Bureau des actions contre les nuisances professionnelles
5 rue Lobau
75004 Paris
Courriel : nuisances-pro@paris.fr
Plus d'infos sur le site de la Ville de Paris
Formulaire de signalement d'une nuisance sonore provenant d'un local professionnel

Compte-rendu de l'assemblée plénière du Conseil de la Nuit

Mis en avant

L'assemblée plénière du Conseil de la Nuit s'est tenue à l'Hôtel de Ville le 15 décembre (voir l'ordre du jour). Le Réseau "Vivre Paris!" y a participé.
Cette réunion a débuté par quatre très longues interventions dont nous retiendrons ces quelques perles et quelques infos :
1. sur l'aménagement des places parisiennes>
- une réflexion est en cours sur les temporalités de 7 places parisiennes pour y intégrer la nuit
- objectif sur ces places : diminuer la place de la voiture de 50%
- des collectifs de compétences seront créés : y participeront des usagers mais pas les riverains de ces places
2. sur l'espace public :
- il faut s’accaparer l’espace public (ce n’est plus s’approprier mais s'accaparer)
- l’espace public devient domestique car à Paris les appartements sont trop petits
- il faut prévoir des aménagements de l’espace public qui n’hypothèquent pas les usages à venir : des équipements pour les champs du possible
- l’égalité femmes/hommes dans l’espace public est une problématique émergente (ah?), l’espace public a un code sexué (???)
- on note l’émergence de nouveaux profils de concepteurs, d’aménageurs, d’évaluateurs : c’est un vrai sujet (sic!)
- il y a une polyphonie émotionnelle et fonctionnelle (si, si!)
3. sur la nuit :
- la nuit est un enjeu électoral et l’action publique devient transversale
- il y a désynchronisation des temporalités urbaines avec des usages routinisés (excellente celle-là!) et de nouveaux bassins de vie Continuer la lecture