Quand Charlie fait fausse route

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Daniel EHRET , ancien président du Centre Antibruit d’Alsace, répond à l’article de Charlie Hebdo : « Comme partout, la fête en danger ».


Je vous propose d’interpeller d’abord le titre de l’article publié dans Charlie Hebdo le 14 août 2019 : « Comme partout, la fête en danger ». J’ai envie de répondre par une approbation. Car oui, le sens profond de la fête s’est perdu, s’est dilué dans une bouillie mondialisée de simulacres ou de succédanés. Le caractère exceptionnellement bienvenu d’une fête périodique est trop souvent annihilé par une dérive essentiellement mercantile, amenant par exemple la plupart des grandes villes actuelles à développer le mythe de l’attractivité nocturne, en conférant sans recourir au débat une irrecevable légitimité à la notion de fête permanente.

La fête primordiale, celle qui par son esprit de partage inconditionnel et de liesse inclusive remonte à la nuit des temps, cette fête essentielle, enfouie dans l’inconscient collectif, ne se trouve nullement en danger, puisqu’elle n’a plus cours, sauf dans quelques territoires ignorés. Mais celle qui aujourd’hui s’impose partout, malgré son caractère répétitif et excluant, n’a rien à craindre pour son avenir à court terme. Seule pourrait la menacer une gigantesque panne d’électricité ! A ce dernier type de fête, dévoyée par les intérêts de quelques-uns, ce n’est pas l’ensemble d’une population donnée qui se trouve conviée, mais une très faible fraction de celle-ci. Et cette minorité s’appuie sur la permissivité démagogique des pouvoirs publics concernés pour relativiser tous les excès. Il s’ensuit fatalement chez ceux qui ont à les endurer, et qu’il faut ranger dans la catégorie des victimes, un profond sentiment d’injustice : car les très minoritaires qui revendiquent le droit de festoyer négligent sans complexes les règles de droit que l’exception seule permettait jusqu’ici de transgresser sans trop de risque. Ces « fêtards » (notez la péjoration de ce terme) n’acceptent plus les limites que, dans sa sagesse ancestrale, la collectivité a jugé nécessaire d’établir, afin que le plaisir d’une minorité n’agresse pas le droit au repos réparateur d’une majorité.

Ce refus de la loi est rendu possible par une coupable permissivité qui met à mal la notion d’intérêt général et pourrait en arriver à menacer les fondements de notre démocratie.

La fête comme nécessaire exception

Une fête excluant de fait une très large majorité de gens qui n’en sont pas partie prenante, par le mécanisme ordinaire de l’incompatibilité ou pour d’autres raisons fort légitimes, cette « fête » ne peut plus être nommée ainsi, surtout si elle se répète ad nauseam, car elle devient alors un trouble insupportable pour ceux qui la subissent. Et ce trouble peut s’exaspérer jusqu’à provoquer d’énormes fractures sociales. Parier sur un développement débridé d’une « vie nocturne » pour créer du lien social apparaît en conséquence au mieux comme une dangereuse illusion, au pire comme une forme banalisée de cynisme délétère, que les industriels de la nuit confondent allègrement et injurieusement avec le bien public.

Selon le sociologue Jean Duvignaud (1921-2007), la fête ne saurait annoncer un ordre nouveau. Elle apparaît plutôt comme une « parenthèse à l'intérieur de l'existence sociale et du règne de la nécessité ». Elle est aussi, en ce qu’elle a d’exceptionnel et de cathartique, ce qui peut fournir une raison d’accepter la quotidienneté et ses innombrables soumissions. D’où la tentation pour la puissance publique de multiplier les occasions de fêtes, au point, note Jean Duvignaud, que « certaines nations, certaines cultures se sont englouties dans la fête ». Nous y sommes, en effet. J’ajouterai pour ma part que cet engloutissement ne sert que les intérêts des profiteurs de la nuit.

La mort par noyade à Nantes du jeune Steve, en ce triste matin du 22 juin 2019, au terme d’une fête de la musique prolongée jusqu’à l’aube malgré l’interdiction officielle, n’est absolument pas admissible. Une démocratie ne doit jamais réprimer le non-respect d’une règle comme l’a fait ce jour-là une police obéissant aux directives d’un ministre de l’Intérieur plus carriériste que compétent. Cette mort rappelle cependant que la banalisation des transgressions, intimement liée au développement exponentiel du noctambulisme, ne va pas dans le sens du « vivre ensemble », ce machin illusionniste prôné à tout va par les classes politiques, toutes tendances confondues.

Lettre ouverte à Antonio Fischetti

Je reviens à l’article publié par Charlie Hebdo, non sans avoir précisé au préalable que je suis abonné à ce périodique depuis au moins une trentaine d’années, que j’y ai longtemps trouvé mon compte, mais qu’il me déçoit vivement ces derniers temps, au point que l’idée de m’en désabonner se soit mise à me tarauder. J’y reste attaché malgré tout, grâce à certaines belles plumes comme celles de Haenel, Nicolino ou Lançon, mais je ne guéris pas du regret d’avoir perdu à jamais les verves et truculences des Cavanna, Choron, Siné, Maris ou Gébé, ainsi que les incomparables et géniaux dessinateurs que furent les Charb, Wolinski, Cabu, Catherine ou Reiser.

Je m’adresse donc à Antonio Fischetti, auteur du papier en question et acousticien de formation : son expertise en matière de propagation du son aurait dû le conduire à davantage de neutralité et à moins de complaisance en faveur des décibels excessifs qui, par centaines de millions, ravagent des systèmes auditifs juvéniles à travers le monde entier.

Selon l’OMS, à l’horizon 2050, si rien n’est fait en matière de prévention ou de changement des comportements, plus d’un milliard de jeunes de 12 à 35 ans risqueront une invalidante déficience auditive « par exposition au bruit dans un cadre récréatif ». Et ce chiffre ne prend pas en compte les plus de 35 ans de ce futur lointain, dont les oreilles auront été tout aussi fortement abîmées par des décennies de soumission aux excès sonores !

Fischetti se livre à une observation d’une subtile finesse lorsqu’il écrit ceci : « Il paraît que les riverains éloignés se plaignent régulièrement de la musique (il faut avouer que le son porte loin sur l’eau), mais cela n’avait jamais posé de problème avant ce tragique 21 juin ». D’abord les riverains ne se plaignent pas de la musique, Fischetti, mais du fait que toute musique est illégitime (et même illégale) si elle s’impose par son émergence excessive à des milliers de gens qui, au moment où ils la subissent, voudraient simplement qu’on leur reconnaisse le droit au sommeil. Et quand vous alléguez que cette musique « n’avait jamais posé de problème avant ce tragique 21 juin », vous affirmez dans la même phrase le contraire de ce que laisse entendre le début de ladite phrase. Relisez-vous, ma parole !!! Et puis, notez aussi qu’il n’y aurait sans doute pas eu de tragédie si la musique s’était arrêtée le 21 juin et pas le 22 à l’aube.

Plus loin vous évoquez, avec un agacement à peine dissimulé, la « tolérance de plus en plus faible des riverains à l’égard de la moindre perturbation de leur quotidien ». J’ai envie de vous retourner ce propos comme suit : les fauteurs de bruit tolèrent de moins en moins que leur liberté de bousiller leurs oreilles à eux et de violenter le système nerveux des autres puisse être contestée par des riverains soucieux de leur sommeil et donc attachés à la législation française, une des plus protectrices du monde, mais aussi une des plus mal appliquées.

La faute aux victimes !

Dans votre article, vous semblez approuver que le principe d’antériorité, inscrit dans la loi française, puisse être invoqué par les bruiteurs. Pour le moment, il profite encore aux habitants, s’ils se sont installés dans leurs appartements ou leurs maisons avant l’arrivée retorse des perturbateurs nocturnes. Il profite aussi aux habitants qui s’installent après les bruiteurs si ces derniers ne respectent pas la réglementation en matière d’isolation phonique. C’est à ces derniers, en effet, que continue d’incomber la charge d’isoler leurs lieux musicaux de manière à ne pas porter atteinte à la tranquillité du voisinage. Mais comme ces « boîtes » sont le plus souvent étriquées et que le tabagisme n’est pas permis à l’intérieur, se multiplient très logiquement les tentations estivales d’ouvrir portes et fenêtres pour rafraîchir la surpopulation qui s’y entasse dans un vacarme assourdissant. Le boucan s’installe alors sur la voie publique et y reste jusqu’au petit matin : ceux qui s’en plaignent, parce qu’ils voudraient dormir, eux, on les traite d’intolérants, de fachos et de plein d’autres gracieusetés. Ils n’avaient qu’à pas s’installer là, ou, s’ils ne supportent rien, qu’ils aillent se faire voir ailleurs ! Voilà l’étrange raisonnement que d’aucuns voudraient ériger en loi !

Vous faites dire à un de vos « acteurs de la fête » (il serait plus exact de parler des « profiteurs de la fête ») ceci : « On sait qu’on emmerde des gens. Mais il faut leur expliquer que les émergences sonores seront toujours là, et le but est de les amener à accepter ça pendant un ou deux jours ». Le caractère exceptionnel de la « fête » étant tombé en désuétude, les événements festifs se multipliant pendant toute l’année et se propageant au fil des mois de quartiers en quartiers, comment invoquer sans mauvaise foi l’acceptabilité de la part des riverains, quand on n’ignore pas que la fin d’une fête à tel endroit amène le début d’une autre à quelques encâblures ?

La révolution des décibels

« Danser, ce n’est pas que du divertissement ! » s’exclame un de vos interviewés (tiens, comment se fait-il que vous n’ayez pas songé à donner la parole aussi aux plaignants, comme cela se doit quand la déontologie journalistique l’exige ?). « Danser est un acte politique ; danser, c’est résister ! » Passons sur le lyrisme saugrenu de votre cher « Martin » et regardons pour finir votre conclusion de journaliste, dans l’hebdo que j’ai si longtemps aimé, qui m’a fait chialer comme un veau le 7 janvier 2015, quand le sang a coulé dans sa salle de rédaction. Vous écrivez, dans le prolongement de l’idée de « résistance » opposée à celle d’intolérance, alors qu’il s’agit en réalité de la seule jouissance d’une infime minorité aux dépens de la santé d’une énorme majorité, vous commentez ainsi l’hommage rendu à Steve, le noyé de la Loire : « Samedi dernier, les amis de Steve l’ont merveilleusement prouvé (que danser, c’est résister). Ils ont sorti le « sound system », puis dansé en bord de Loire sur les musiques préférées de leur ami disparu. Et tout s’est très bien passé. Il faut dire qu’il n’y avait pas un seul flic en vue, ceci explique sans doute cela. » Vous l’aurez compris depuis le début, Antonio Fischetti : votre article me navre, et ce d’autant plus que je vous ai souvent lu avec plaisir et vive approbation. Quant au dessin de Riss, qu’on a déjà connu plus inspiré, il montre des policiers s’amusant (comme au ball-trap !) à tirer en l’air sur des notes de musiques s’échappant d’une espèce de vilain hangar, (de type concentrationnaire !), où l’on confinerait les « fêtards » : non seulement il ne m’amuse pas, mais il m’apparaît totalement inapproprié, puisqu’il ne suggère ni la complexité, ni même la réalité d’un problème qu’on ne peut pas résumer en quelques coups de crayon simplificateurs. Il se satisfait d’exprimer une triste contre-vérité : les victimes de vos nuits ne sont pas des ennemis de la musique, mais seulement des niveaux sonores qui obligent les auditeurs volontaires à se fourrer des bouchons dans les oreilles et les auditeurs involontaires à renoncer au sommeil que, le plus naturellement du monde, ils croient pouvoir programmer la nuit plutôt que le jour.

Daniel EHRET


Daniel Ehret a présidé le Centre Antibruit d’Alsace avant sa dissolution en 2015, en raison de la suppression de l’indispensable subvention de fonctionnement allouée pendant plus de 40 ans par le département du Bas-Rhin. - Haut

Sur cette question du principe d’antériorité, lire nos articles :

Nuisances sonores : une situation ubuesque dans le 2ème

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ERRATUM (29/07) : Le Tambour se trouve rue Montmartre dans le 2ème arrondissement. La personne qui nous a contactés a fait quelques confusions. Elle a contacté la Mairie de Paris (rue Lobau dans le 4ème) pensant contacter la mairie du 4ème! Le maire du 4ème arrondissement n'a donc jamais été contacté (dont acte). Cette erreur souligne cependant la confusion et le désarroi qui règnent chez les victimes des nuisances sonores qui ne savent vers quel service se tourner et qui se trouvent renvoyer d'un service à l'autre.

Article du 25/07/2019... Nous avons reçu un premier mail en janvier 2019 d'une personne se plaignant des nuisances sonores générées par un bar de son quartier.

Je me tourne vers vous car nous subissons avec mes voisins des tapages noctures plus que fréquents à cause d'un bar de nuit ouvert en face de chez nous qui est ouvert du jeudi au samedi jusqu'à 6h du matin.
Nous sommes dérangés par les clients ivres morts toute la nuit qui hurlent et par l'inaction complète du bar pour tenter de les contrôler.
Nous sommes à la recherche d'informations pour savoir qui contacter (outre la police ou le 3430 qui reste inefficaces). Quoi faire pour demander/obliger à contrôler la gestion des clients ou autre chose pour tenter de retrouver le sommeil. Nous nous renseignons au niveau des textes de lois, de la demande à faire à la mairie du 4ème, etc, mais on nous a fait comprendre que le bar, étant une institution du quartier depuis des années, ne changera pas.
Je ne doute pas des centaines de mails que vous devez recevoir mais je vous remercie de l'attention que vous porterez à ma demande et à celles de mes voisins qui m'ont chargé de vous contacter.

Nous avons donné quelques conseils à cette personne : déposer une plainte au commissariat, contacter M. Bonfiface N'Cho (adjoint du 4ème, référent de nuit), déposer une plainte en ligne... Le mail suivant relate l'accueil (ou plutôt l'absence d'accueil) qui a été fait à cette victime de nuisances dans le commissariat du 4ème.

- en premier un policier nous explique que nous pouvons juste déposer une main courante car les nuisances sonores n'étant pas du domaine du pénal nous ne pouvions pas porter plainte.
- un avocat présent au poste nous réaffirme dans notre droit et nous donne l'article R. 623 2 afin que nous puissions faire valoir pour porter plainte.
- un avocat présent au poste nous réaffirme dans notre droit et nous donne l'article R. 623 2 afin que nous puissions le faire valoir pour porter plainte.
- un policier nous reçoit nous expliquant que nous pouvons porter plainte uniquement si la police constate le tapage et verbalise le bar. Sans verbalisation (procès verbal) nous ne pouvons que faire une main courante. J'explique que le 3430 n'a plus de ligne directe, que le 17 ne vient jamais ainsi personne ne verbalise jamais le bar. Nous tentons de faire comprendre le manque de logique de ce raisonnement mais sans y parvenir. Nous sommes raccompagnés à la sortie. 
Le policier nous conseille d'écrire une lettre au commissaire de police. 

Selon une juriste que nous avons consulté, les affirmations des policiers qui sont relatées sont inexactes en droit :
- Déposer plainte est un droit qui ne suppose pas de constatation préalable par la police.        Les tapages sont des infractions pénales et ce n’est pas à vous de qualifier, la plainte ayant pour seul objet de décrire un état de fait, qui sera ensuite analysé par la police et par le ministère public pour faire ce qui ressort de leurs compétences respectives (surveiller et verbaliser / classer sans suite ou poursuivre).
Dans la réalité, il faut bien avouer que sans constatations par des tiers, le ministère public qui reçoit la plainte ne décidera pas de poursuivre. Et c’est le serpent qui se mord la queue car la police ne constate pas…
Il ne faut pas hésiter à faire intervenir un huissier qui sera mentionné dans la plainte qui sera envoyer directement au ministère public (envoi A/R) si cela ne s’arrange pas du côté du commissariat (en ce cas, mettre le constat en annexe).
Il peut être utile d'informer le commissaire principal du commissariat par un courrier A/R afin de gagner du temps (avec mention « A/R par précaution » pour la bonne forme). Son nom pourra vous être donné par le standard du commissariat.

Nous avons reçu un nouveau mail qui démontre ce que nous considérons comme une double peine : la victime des nuisances sonores se retrouve à nouveau victime face aux différents services qui devraient lui venir en aide.

Véritable portrait de Monsieur Ubu, par Alfred Jarry (1896)

Je me permets de faire appel à vous à nouveau car je me sens terriblement seul dans mon combat contre les nuisances sonores. 
J'ai mis en lien de mail l'ensemble des échanges que nous avons eu en janvier et février. Avec mes voisins nous avons fait un ensemble de démarches qui restent inefficaces à ce jour. J'ai l'impression que tout le monde se renvoie la balle pour ne rien faire, c'est affligeant ! 
1. On a essayé de porter plainte une première fois, impossible. 
2. On a essayé de porter plainte une seconde fois avec vos mails en appui et le commissariat nous dit que ce n'est pas possible. Ils nous disent qu'il faut remplir le document de la mairie du 4e pour nuisances sonores. Nous remplissons 3 documents. 
3. J'essaie de joindre Boniface N'Cho [référent de nuit à la mairie du 4ème] à peu près une trentaine de fois. Impossible. Soit on ne connaît pas son nom, soit il n'est pas disponible, soit ce n'est pas le bon numéro (j'utilise toujours le même numéro) 
4. Deux mois plus tard on reçoit un courrier de la mairie du 4e disant qu'ils avaient mis sous surveillance le bar 'le Tambour' et qu'ils n'avaient remarqué aucune nuisance. 
5. Je tente de porter plainte la semaine dernière. Je suis débouté à novueau. On me dit que le formulaire du 4e arrondissement ne sert à rien car ce sont des nuisances produites par des personnes et non par une nuisance sonore de musique d'un local. Je fais une main courante contre le bar au nom de notre association de voisins. L'UPA devait m'appeler mais bien entendu silence radio. 
6. Bien entendu j'envoie un autre courrier à la mairie du 4ème pour nuisances sonores. Sans retour encore. 
7. Entre temps on passe au moins une nuit par semaine à appeler le 17 ou le 3430 pour nuisances sonores. En trois mois ils ne se sont pas déplacés UNE seule fois ! Cette nuit j'ai appelé le 17 à 3h31... Rien... J'ai rappelé à 5h15 en disant que le bar était toujours ouvert (fermeture obligatoire à 5h non respectée) et ils ne sont pas venus. 
Le 17 me dit qu'il faut se plaindre à la mairie. Déjà fait. La mairie et la police me disent qu'il faut appeler le 17 car s'ils ne constatent rien, eux ne peuvent rien faire. J'en parle au 17 qui me dit qu'il y a de nombreuses autres interventions avant la mienne. 
C'est le serpent qui se mord la queue, des discours changeant qui ne tiennent pas la route et personne pour intervenir. 
Nous souhaiterions avoir un entretien avec le bar pour trouver des solutions ensemble (un vigile pour calmer les personnes alcoolisées comme dans des bar du 11e ou autre, une autre sortie du bar, etc.) mais je ne souhaite pas y aller seul et sans intermédiaire. 
Je souhaitais savoir si vous aviez quelques préconisations car, actuellement et à mon niveau , je ne sais plus quoi faire de plus. 

Ce feuilleton ubuesque montre à quel point les nuisances sonores nocturnes ne sont pas prises avec le sérieux nécessaire. Rappelons que le sommeil n'est pas un droit mais un besoin vital et que les troubles du sommeil ont des conséquences catastrophiques sur la santé. La privation de sommeil n'est-elle pas une moyen de torture?

Il montre aussi à quel point les victimes sont démunies face aux services qui devraient leur venir en aide. Les victimes ne savent vers quel service se tourner : mairie d'arrondissement, mairie de Paris, référent de nuit, DPSP (police municipale), Préfecture de Police, commissariat de police, 17, 3430 (surtaxé!). La seule solution : un guichet unique qui recevra les plaintes des victimes et qui ensuite contactera le service compétent afin de faire cesser le trouble.

L’installation d’un bar-restaurant dans la cour du Crédit municipal inquiète le voisinage

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Article publié sur le site de Marais-Louvre le 13/07/2019

L'association Marais-Louvre a reçu un courrier, reproduit ci-dessous, émanant des riverains du Crédit municipal qui se trouve rue des Francs Bourgeois. Ils s’insurgent de l’installation prochaine dans la cour de cette institution financière d’un bar-restaurant et des perturbations qu’il va créer pour tout le voisinage.  Un nouvel exemple de la politique effrénée d’ouvertures et d’installations de bars, de restaurants avec autorisations de terrasse, Un enfer pour les riverains et les familles dont certaines n’ont d’autre choix que de quitter leur quartier pour aller s’installer ailleurs. Paris se dépeuple, les touristes attirés par la fête prennent le pas sur les familles!

Nous avons appris l’ouverture en septembre prochain, pour une durée de 3 ans, d’un BAR/RESTAURANT au sein de l’enceinte du Crédit Municipal, établissement mitoyen de nos immeubles.

Ce bar sera ouvert tous les jours jusqu’à 23h et sera doté d’une terrasse de 84 m2 dans la cour Renaudot. L’entrée se fera par le 57 rue des Francs Bourgeois, et la sortie à partir de 17h exclusivement par le 57 bis rue des Francs Bourgeois.

Nous avons subi 2 étés de suite (en 2015 et 2106) les fortes nuisances (bruits jusqu’à 1h du matin, fumées de cigarette) de cafés éphémères ouverts par le Crédit Municipal et dont la terrasse occupait également cette cour. Suite à des plaintes de plusieurs habitants, la Préfecture de Police est venue constater le dépassement des seuils sonores autorisés, contrevenant le Code de Santé Publique, et a lancé une procédure de mise en demeure à l’encontre du responsable.

Outre l’étonnement que l’on peut avoir à l’égard du lancement d’une telle activité par un établissement bancaire, nous ne pouvons en aucun cas accepter les nuisances qu’apporte l’ouverture de ce bar/restaurant :

  • La cour, très encaissée, est configurée de telle façon que des conversations d’un groupe de quelques personnes résonnent très fortement,
  • la sortie des clients d’un bar à une heure tardive, et à un endroit où aucun véhicule ne peut stationner représente une source de troubles importants.

Le Crédit municipal nous oppose une exigence de la ville de Paris de faire connaitre son « patrimoine culturel » et de « valorisation économique du domaine public ». Cette volonté ne doit pas contrevenir aux dispositions du code de Santé Publique, qui, compte tenu de la configuration des lieux ne seront jamais respectées.

Après un premier rendez-vous avec la Direction du Crédit Municipal qui s’est conclu par une fin de non recevoir, nous allons continuer de nous opposer à l’ouverture de ce bar/restaurant jusqu’à son abandon au moyen de différentes actions.

Le Marais est en train de se transformer en un quartier musée totalement dédié aux touristes au détriment de la quiétude des habitants, faisant fuir les familles les unes après les autres…

NDLR: Il s’avère que l’heureux bénéficiaire de cette « concession » est M. Renaud Barillet, l’actuel propriétaire bien connu de la trop célèbre Bellevilloise qui empoisonne tout un quartier du XXe arrondissement par le bruit, les attroupements de clients alcoolisés, et autres nuisances générées par cet établissement ouvert jusqu’à 2 heures en semaine et 6 heures le week end ! (voir notre article)

La rue de la Butte aux Cailles n'est pas un espace de publicité pour l'alcool !

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Quand ne sera-t-elle plus un haut lieu de l'alcoolisation?

Mise à jour du 13/07/2019 (voir en fin d'article)

L’association Les Riverains de la Butte aux Cailles a vivement réagi à l'annonce d'une opération de promotion d'alcool pendant 3 jours et 3 nuits sur la voie publique en coordination avec 3 établissements du quartier. Elle a tout de suite compris que la fraicheur et la sensibilisation  au réchauffement climatique en Ville mis en avant par la société GET FRESH n’étaient qu'un faux nez.  Elle a donc en alerté dès le 7 juillet la mairie d’arrondissement ainsi que la direction de l’urbanisme de la Ville, le commissariat et la DPSP, de même que la Préfecture de police de Paris via l’association Réseau Vivre Paris !

Alors que le dispositif était déjà avancé (façades d’immeubles et mobilier public peints en vert chlorophylle, trottoirs et chaussée en voie d’être revêtus du même vert et de blanc), un compresseur faisant un bruit infernal a été mis en route vers 23 H00 la nuit des 9 à 10 juillet et devait fonctionner une grande partie de la nuit. Á quoi des riverains ont réagi immédiatement, obtenant le stoppage de la machine sous la pression d’un appel à la police. Ce dont la mairie et le commissariat ont été tenus au courant.

Il s’est avéré que la seule autorisation obtenue par la société GET FRESH était une autorisation de tournage entre les 11 et 14 juillet, d’un film délivrée par un service ad hoc de la mairie centrale. Sans doute n’avait–on pas vu la manœuvre pourtant grossière... Quoi qu’il en soit, il n’y a eu aucune demande d'avis adressée à la mairie d'arrondissement, ce qui correspond sans conteste à un véritable dysfonctionnement entre les différents services de la Ville.

Le maire du 13è, Jérôme COUMET, est quant à lui intervenu très efficacement et a répondu à notre demande en faisant annuler dès le 10 au soir juillet la partie de l’opération qui consistait à offrir des boissons alcoolisées Get 27, l’installation sur la voie publique étant déposée le 11 juillet (voir courrier de M. Jérôme Coumet). La police municipale a été très présente à cette occasion. L’action du maire satisfait donc les habitants de notre quartier à forte densité résidentielle qui souffrent des nuisances quotidiennes liées  à la présence de 34 établissements, dont 12 qui vendent de l'alcool à emporter.

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Pour autant, l'association Les Riverains de la Butte aux Cailles interroge.

On ne peut manquer de remarquer que les 3 établissements qui ont participé à l'opération n’usent pas des modes d'exploitation les plus nuisibles aux habitants. Ils ne vendent pas à emporter (et l’un d’eux aucun alcool), ferment moins tard que ceux qui agitent les nuits du quartier (l'un d’eux ferme même tôt en soirée)  et pourtant ils ont été stoppés dans leur élan de participer à une opération publicitaire ponctuelle. Or, on aimerait voir autant de détermination de nos élus contre les tapages en terrasses ou ceux liés à la vente d'alcool à emporter. 

Ce qui, pour ne parler que de ce qui est strictement dans les compétences municipales, supposerait d’une part un déploiement d'agents de la DPSP mieux proportionné à l’importance des nuisances, spécialement au-delà de 22h00 et au moins une heure encore après l'heure de fermeture des établissements (donc jusque 3h00). On attendrait d'autre part que le maire s'attaque plus largement à une source majeure d'alcoolisation, de nuisances sonores et de malpropreté (déjections diverses sur la voie publique...) dans notre quartier : notre association espère donc son soutien en faveur d'un arrêté préfectoral interdisant en soirée la vente à emporter par les bars ou resto-bars ou épiceries et supérettes ainsi que la consommation d'alcool sur la voie publique, hors cadre des terrasses autorisées par la Ville.

Il faudra au moins cela pour, à la veille des élections, convaincre ceux qui depuis tant d'années souffrent de la mauvaise gestion de l'espace public qu’une réelle volonté politique de la mairie existerait en vue de durablement restituer aux habitants de la Butte aux Cailles un cadre de vie juste normal et donc compatible avec le repos dont chacun a un besoin vital, sans confrontation quotidienne à la malpropreté qu'engendrent les mauvais usages actuels du quartier par trop de ses exploitants et usagers.

Cette opération a suscité de nombreux articles :